La lutte contre l'homophobie s'affiche à Nîmes avec l'illumination arc-en-ciel de la Maison Carrée. Malgré certaines réactions hostiles, la ville réaffirme son engagement pour les droits LGBT et la solidarité. L'engagement de la ville de Nîmes autour du 17 mai, journée internationale de lutte contre l'homophobie, a fait réagir, suscitant "des commentaires haineux, discriminatoires, d'autres simplement interrogatifs", explique Marianne Bernède, adjointe en charge de l'Égalité et de la lutte contre les discriminations, quelques minutes avant que la Maison Carrée ne prenne les couleurs de l'arc-en-ciel, ce samedi soir.
Un contexte mondial fragile
Rappelant qu'un tiers des pays du monde criminalise l'homosexualité, passible de la peine de mort dans 12 pays, Marianne Bernède se souvient du début des années 90 et de la lutte contre l'épidémie meurtrière du Sida. "Nous vivons dans un contexte mondial où les droits des personnes LGBT sont de plus en plus fragilisés par la diffusion des idées conservatrices, masculinistes, réactionnaires et d'extrême droite", insiste l'élue pour qui "l'égalité des droits nous concerne tous".
"Faire vivre la solidarité"
L'illumination de la Maison Carrée était aussi pour Arnaud de L'Arène des Fiertés de rappeler qu'en "2026, les discriminations existent toujours". L'association, connue pour l'organisation d'événements festifs, mène aussi un combat "pour faire vivre la solidarité". En 2025, près de 5 000 personnes LGBT ont subi des agressions. "Et ces chiffres ne représentent qu'une partie de la réalité, puisque seule une minorité des victimes osent porter plainte".
Avec cet acte symbolique, perturbé par les slogans pro-Gaza du Comité nîmois antifasciste et queer, la ville de Nîmes entend lutter "contre la haine, les violences, l'exclusion" car "personne ne devrait avoir peur d'être soi-même".
Deux rendez-vous ce week-end
Ce dimanche 17 mai, de 14 h à 17 h, des stands tenus par les associations L'Arène des Fiertés, SOS Homophobie et Transat seront installés aux Jardins de la Fontaine (côté bosquet) afin d'informer et sensibiliser le public sur les discriminations vécues par les personnes LGBTQIA+. À 18 heures, rencontre autour d'Hélène trésore transnationale, documentaire consacré à Hélène Hazera, militante transgenre historique et ancienne journaliste à Libération. La projection sera suivie d'une rencontre avec Agathe Bouron, présidente de l'Arène des Fiertés et Laurent Gaissad, anthropologue social, ethnographe et militant.



