Après Bergerac, le collège Clos-Chassaing de Périgueux s'apprête à ouvrir la seconde classe à horaires aménagés maths et sciences (Chams) de Dordogne, conçue pour 24 élèves, filles et garçons. À elles et eux de candidater, « pour ouvrir les champs des possibles ».
Une double mission
Donner le goût des maths et travailler en même temps sur l'égalité des chances, c'est la double mission de la future classe Chams, en cours de création au collège Clos-Chassaing de Périgueux. Chams comme classe à horaires aménagés sciences et maths, pour 24 élèves volontaires, en quatrième, dont l'ouverture est programmée à la rentrée 2026. Ce sera la deuxième en Dordogne, après Bergerac, et la quatrième à l'échelle de l'académie de Bordeaux. Un dispositif encore expérimental ouvert « aux élèves curieux, qui aiment chercher et comprendre, motivés et impliqués ».
Des filles à embarquer
Pas besoin, donc, d'être premier de la classe pour lever le doigt. L'équipe pédagogique vient de lancer l'appel à candidatures auprès des élèves de classe de cinquième au sein de l'établissement. « On est tombé de haut. On a recueilli 16 premières candidatures masculines et cinq féminines. On ne s'y attendait pas. Il y a pourtant beaucoup de filles qui s'intéressent aux maths », témoigne Samantha Saint-Germain, professeure de maths. Le principe intangible de la classe, c'est 50-50 %. Elle est issue des propositions du plan national Filles et mathématiques pour lutter contre les stéréotypes. Et casser cette image « très masculine du domaine scientifique ».
L'équipe pédagogique, composée de trois enseignants (quatre à la rentrée), compte bien convaincre davantage de filles et « susciter des vocations ». « Les inégalités s'observent dès l'entrée en sixième. Les garçons ont de meilleurs résultats en maths au niveau national, et l'écart se creuse encore au niveau du brevet », notent les enseignants. « Mais pas à Clos-Chassaing. Ici, on observe un épiphénomène encourageant. Au brevet, les filles enregistrent une note moyenne de 12,2 en maths, contre 12,5 pour les garçons », apprécie Catherine Carcy, principale.
Susciter des vocations
Objectif : réduire les inégalités de genre, mais aussi les inégalités sociales. Les élèves suivent le programme scolaire habituel, dont plusieurs heures hebdomadaires consacrées à des activités scientifiques spécifiques : ateliers, projets collectifs, rencontres avec des chercheurs ou des professionnels, et parfois des visites de laboratoires ou d'entreprises.
En projet, la collaboration avec une entreprise spécialisée dans l'étude de la survie en milieu extrême. La classe est ouverte aux partenariats avec des entreprises locales. À Clos-Chassaing, au côté de l'enseignante en mathématiques, il y a Stéphane Malsert, prof de technologie, et Fanny Hartel, prof de science de la vie et de la terre. Et, à la rentrée, un prof de physique.
Thématique retenue : l'espace. La classe s'appellera « mission lune ». « On ne reste pas dans la théorie », appuie le prof de technologie. « On va voir avec des secondes et des premières du lycée Albert-Claveille comment on construit un bras articulé, comme il y en a dans les navettes de la station Mir », ajoute Stéphane Malsert. « En SVT, on va s'intéresser à ce dont on a besoin dans l'espace, comment se nourrir, respirer sans oxygène, éliminer ses déchets », explique Fanny Hartel. Là, la Chams œuvrera au côté de deux départements de l'IUT : la diététique et le génie électrique et informatique industriel avec notamment des tutorats entre élèves.



