Stages scolaires en entreprise : le ministre de l'Éducation nationale annonce des évolutions après un accident mortel
Le ministre de l'Éducation nationale Edouard Geffray a évoqué ce jeudi 23 avril 2026 des évolutions pour les stages en entreprise des élèves de troisième et de seconde, quelques jours après la mort tragique d'un lycéen de 15 ans. Cet adolescent, scolarisé dans un lycée professionnel du Gard, est décédé vendredi dernier, écrasé par un chariot élévateur sur son lieu de stage d'observation dans une entreprise de bâtiment et travaux publics.
Un cadre à renforcer pour protéger les élèves
M. Geffray a confirmé que le gouvernement envisageait des modifications substantielles, dans le sillage des aménagements évoqués mercredi soir par la ministre déléguée chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels, Sabrina Roubache. Le ministre a insisté sur la nécessité de « protéger » les élèves sans les « priver de cette opportunité » essentielle.
Depuis 2005, les collégiens de troisième doivent effectuer cinq jours de stage en entreprise, tandis que les lycéens de seconde générale et technologique ont un stage de deux semaines obligatoire depuis 2024. « On ne remet pas en cause le principe même des stages, parce que c'est aujourd'hui un élément déterminant d'égalité des chances », a déclaré M. Geffray sur Ici Gironde.
Vers des stages plus courts et diversifiés
Le ministre a rappelé le cadre strict des stages d'observation : « on observe, on ne fait pas un geste professionnel, on ne conduit pas une machine évidemment ». Cependant, face aux risques identifiés, le gouvernement réfléchit à une réorganisation profonde du dispositif.
« Plutôt que de faire forcément un stage de quinze jours dans la même entreprise, on réfléchit avec les fédérations professionnelles à faire en sorte que les élèves puissent effectuer des stages dans, peut-être, deux ou trois entreprises, de manière plus ponctuelle », a expliqué Edouard Geffray. Selon lui, cette configuration présente plusieurs avantages :
- Elle limite l'impact pour les entreprises accueillantes
- Elle permet aux élèves d'observer plus de métiers différents
- Elle réduit les risques liés à une exposition prolongée à un même environnement
Une série d'accidents tragiques dénoncée
Le ministre a reconnu l'émotion provoquée par le drame de la semaine dernière : « Cela n'enlève rien au drame de la semaine dernière, qui nous a tous évidemment profondément bouleversés ». Il a ajouté : « Mais il faut qu'on s'assure que toutes les règles sont bien respectées pour protéger nos élèves, sans les priver de cette opportunité. »
Cette tragédie intervient dans un contexte déjà préoccupant. En juin dernier, le syndicat CGT de l'Éducation nationale avait dénoncé une série d'« accidents tragiques » ayant coûté la vie coup sur coup à trois adolescents en formation en entreprises. Le syndicat jugeait qu'« avec l'explosion des périodes de stage, les jeunes sont de plus en plus exposés aux dangers sans y être préparés ».
Un équilibre délicat à trouver
Le gouvernement se trouve donc face à un défi complexe : maintenir ces stages d'observation qui constituent une ouverture essentielle sur le monde professionnel pour des milliers de jeunes, tout en renforçant significativement les mesures de sécurité. Les évolutions annoncées visent précisément à trouver cet équilibre entre découverte professionnelle et protection des mineurs.
Les discussions avec les fédérations professionnelles et les partenaires sociaux se poursuivent pour aboutir à des mesures concrètes qui pourraient être mises en œuvre dès la prochaine année scolaire. La priorité absolue reste la sécurité des élèves lors de ces immersions en milieu professionnel, tout en préservant la valeur éducative et sociale de ces expériences formatrices.



