Parcoursup : Le recteur de Bordeaux face aux inquiétudes des familles
Alors que la première phase de formulation des vœux sur la plateforme Parcoursup a officiellement débuté le 19 janvier, le recteur de l'académie de Bordeaux, Jean-Marc Huart, s'est confronté directement aux préoccupations des lecteurs du journal Sud Ouest ce mercredi. Angoisses, stratégies d'orientation et accompagnement des élèves ont été au cœur des échanges, dans un contexte où 84 % des candidats déclarent ressentir du stress selon une enquête du ministère de l'Enseignement supérieur.
Un marathon stressant mais des résultats encourageants
Jean-Marc Huart a tenté de rassurer les familles en soulignant que « c'est normal qu'il y ait une forme d'inquiétude quand il s'agit de faire des choix pour son avenir ». Le recteur a mis en avant les améliorations significatives apportées à Parcoursup depuis son lancement en 2019, avec aujourd'hui 74 % des candidats qui estiment la plateforme efficace. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 66 % des étudiants reçoivent une proposition dès le premier jour, 80 % dans la première semaine et 92 % à l'issue de la phase principale d'admission en juillet. Pour les 8 % restants, la commission d'accès à l'enseignement supérieur et le recteur lui-même peuvent être saisis.
Le plan Avenir : une opportunité pour l'académie de Bordeaux
La question de l'accompagnement des élèves a été soulevée par Bénédicte Lafontan, enseignante, concernant la mise en œuvre du plan Avenir lancé par Élisabeth Borne en juin 2025. Ce plan vise à renforcer l'orientation dès le secondaire, mais son application concrète soulève des interrogations sur les moyens alloués. Jean-Marc Huart y voit pourtant une opportunité majeure pour l'académie de Bordeaux, où un paradoxe persiste : les élèves aquitains obtiennent d'excellents résultats au baccalauréat mais sont encore trop peu nombreux à poursuivre dans l'enseignement supérieur, particulièrement en Lot-et-Garonne, Dordogne et Landes.
Depuis la rentrée 2025, tous les établissements scolaires, de la classe de 5e à la Terminale, peuvent désormais dégager quatre demi-journées annuelles dédiées à l'orientation. Les moyens humains ont été renforcés avec le doublement du nombre de professeurs principaux en Terminale, une revalorisation de leur indemnité et la formation des 1 300 professeurs principaux de troisième. Cet accompagnement s'appuie également sur la Région aquitaine, les conseillers d'orientation et le monde professionnel.
Accès à l'enseignement supérieur : entre quantité et qualité
Busra Dirik, présidente de l'Unef Bordeaux, a interrogé le recteur sur l'accès à l'enseignement supérieur public dans un contexte de budgets contraints et de réductions de capacités d'accueil. Jean-Marc Huart a rappelé qu'avec plus de trois millions d'étudiants en France, soit trois fois plus qu'en 1985, l'accès n'a pas diminué. Cependant, il a posé la question cruciale de l'équilibre entre soutenir toutes les filières et privilégier celles offrant une meilleure insertion professionnelle.
« Mon rôle de recteur, ma responsabilité, c'est de permettre aux jeunes de se former, certes, mais surtout de s'insérer », a-t-il affirmé, pointant du doigt certaines formations très demandées mais peu pourvoyeuses d'emplois, comme le tertiaire administratif, face à des filières industrielles ou aéronautiques moins prisées mais plus insérantes.
Élargissement du débat : programme Evars et violences scolaires
Les lecteurs ont élargi le débat à d'autres sujets brûlants, comme le programme Evars d'éducation à la vie affective et sexuelle, souvent contesté par certaines familles. Le recteur a rappelé le caractère obligatoire de ces programmes, définis par arrêtés ministériels, et appelé les chefs d'établissement à la fermeté face aux absences non justifiées.
Sur le front des violences scolaires, 139 contrôles aléatoires ont été menés en Aquitaine depuis la rentrée de septembre, conduisant à la découverte de sept armes blanches et autant de renvois en conseil de discipline. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a adressé un courrier aux parents ce jeudi pour les inciter à s'impliquer personnellement et à rappeler les règles à leurs enfants, appelant à « un sursaut collectif » contre les violences et le harcèlement.