Vers la fin des grandes vacances d'été ? Le ministre de l'Éducation envisage un mois et demi maximum
Grandes vacances réduites à 4-6 semaines ? Le débat relancé

Un mois et demi de vacances d'été suffirait selon le ministre de l'Éducation

Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a relancé le débat sur la durée des vacances scolaires estivales. Lors d'une interview sur RTL le 9 février 2026, il s'est déclaré favorable à une réduction drastique de ces congés, estimant que quatre à six semaines constitueraient une durée idéale, contre les deux mois actuels.

Une proposition pour limiter la perte d'apprentissage

Selon le ministre, la longueur actuelle des vacances d'été aurait des conséquences négatives sur les élèves, particulièrement ceux scolarisés en zone d'éducation prioritaire. "Le mois et demi d'été ou les deux mois d'été de vacances, ça correspond à un mois de perte d'apprentissage", a-t-il martelé. "C'est-à-dire que l'on récupère les enfants avec le niveau qu'ils avaient le 30 mai au lieu du 30 juin. C'est parfaitement démontré et cela pose un problème."

Emmanuel Macron soutient l'idée avec des journées raccourcies

Cette proposition rejoint les déclarations récentes du président de la République. Dans un entretien accordé à Brut le 5 février, Emmanuel Macron a plaidé pour des vacances amputées de quelques semaines. "On pourrait reprendre un peu plus tôt au mois d'août, on pourrait partir un peu plus tard en vacances. Je pense qu'un gros mois de vacances, ce serait envisageable", a estimé le chef de l'État.

En contrepartie, le président admet qu'il faudrait des journées plus courtes pour les collégiens et lycéens. Celles-ci commenceraient ainsi plus tard et finiraient plus tôt, pour "pouvoir faire du sport" ou des "activités culturelles". Avec des journées "moins chargées", "on apprend mieux", a-t-il conclu.

Les enseignants sceptiques face à cette proposition

Du côté du corps enseignant, la proposition suscite de vives réactions. Catherine Nave-Bekht, professeure de sciences économiques et sociales et secrétaire générale de la fédération CFDT, s'est indignée auprès de BFM. "On prend le problème à l'envers", a-t-elle déclaré, pointant du doigt les paramètres climatiques.

"Dans certains établissements du Sud, dès le mois d'avril, il fait trop chaud", indique-t-elle, avant de s'interroger : "Il arrive même qu'on demande aux familles de garder leurs enfants si elles le peuvent, mais il faudrait faire cours en plein été ?"

Un débat renvoyé à la présidentielle de 2027

Le ministre de l'Éducation nationale a reconnu que ce sujet était "compliqué" et "épineux", tout en renvoyant le débat à la présidentielle de 2027. "C'est une vraie question de 2027 parce que derrière ça touche aussi les rythmes scolaires, ça touche au calendrier annuel, etc.", a-t-il expliqué.

Que les enseignants et adolescents se rassurent : aucun changement n'est prévu pour la rentrée 2026. Le ministre a précisé qu'il n'y aurait pas de modification du calendrier scolaire pour l'année prochaine.

Les rapports officiels recommandent le statu quo

Cette proposition ministérielle va à l'encontre des recommandations de plusieurs instances consultatives :

  • La convention citoyenne sur les temps de l'enfant, qui a présenté 20 propositions fin novembre, a opté pour le maintien des seize semaines actuelles de congé (huit l'été et huit en petites vacances).
  • Le rapport précise que "la réduction des vacances d'été n'est pas compatible avec les conditions climatiques, en particulier à cause de la chaleur."
  • La commission consacrée au calendrier scolaire du conseil supérieur de l'éducation, dans son rapport publié en 2024, recommande également le "maintien de huit semaines de vacances pleines en juillet et août".

Parmi les autres propositions de la convention citoyenne figurent : ne pas commencer les cours avant 9 heures au collège et au lycée, et mettre en place cinq jours d'école "pleins" par semaine dès l'élémentaire pour mieux étaler les apprentissages.