Le Medef et l'U2P rejettent le projet de fonds souverain paritaire de la CPME
Medef et U2P disent non au fonds souverain paritaire de la CPME

Un projet de fonds souverain paritaire suscite la controverse patronale

Le président de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME), Amir Reza-Tofighi, a annoncé mercredi 11 février devant les sénateurs le lancement prochain d'un « petit fonds souverain » destiné à investir dans l'économie française. Ce fonds, selon ses déclarations, serait géré par les partenaires sociaux et devrait voir le jour dès la semaine suivante.

Une opposition ferme des principales organisations patronales

Dès le jeudi 12 février, le Medef (Mouvement des entreprises de France) et l'U2P (Union des Entreprises de Proximité) ont exprimé leur désaccord catégorique avec cette initiative. Dans un communiqué commun, les deux syndicats patronaux ont rejeté l'idée d'un fonds souverain sous gestion paritaire, estimant qu'elle ne respecte pas les principes fondamentaux du paritarisme.

Les organisations soulignent que l'objectif de renforcer la souveraineté économique et d'orienter l'épargne nationale vers le financement des entreprises est légitime. Cependant, elles considèrent que les conditions nécessaires ne sont actuellement pas réunies pour une telle démarche.

Des préoccupations majeures concernant l'indépendance et la gouvernance

Le Medef et l'U2P mettent en avant plusieurs arguments pour justifier leur opposition :

  • La création d'un fonds souverain exige un cadre stratégique, juridique et financier rigoureux ainsi qu'une gouvernance claire et indépendante.
  • Une gestion par les partenaires sociaux ne garantirait pas l'indépendance stratégique et opérationnelle indispensable à un outil de cette envergure.
  • Le paritarisme, conçu initialement pour la gestion des régimes sociaux, ne serait pas adapté à la supervision d'un fonds d'investissement souverain.

Les deux syndicats patronaux alertent sur les risques de confusion des responsabilités et d'affaiblissement de la crédibilité de l'outil si le champ du paritarisme était étendu à cette nouvelle fonction. Ils rappellent que le paritarisme repose sur un équilibre institutionnel spécifique, dont la transposition à la gestion financière pourrait s'avérer problématique.

Cette divergence de vues au sein du monde patronal illustre les débats complexes autour des mécanismes de financement de l'économie française et du rôle des partenaires sociaux dans ces dispositifs.