Frais de scolarité des étudiants étrangers : le ministère revoit sa copie
Chaque université pourra exonérer de droits d’inscription 20 % des étudiants extracommunautaires, contre 10 % dans la première version du projet de décret. Cette décision fait suite aux échanges avec les acteurs du monde universitaire et vise à faciliter la mise en œuvre de la mesure.
Philippe Baptiste, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, a annoncé que ce ne sont plus 10 %, mais désormais 20 % des étudiants extracommunautaires qui pourront être exonérés des frais d’inscription dans chaque université. « Suite à ses échanges avec les acteurs du monde universitaire depuis la présentation du plan Choose France for Higher Education, et notamment ceux avec les dirigeants de France Universités, le ministre a souhaité faire évoluer le décret vers plus de souplesse dans son application pour faciliter sa mise en œuvre », explique le ministère.
Le texte propose d’atteindre progressivement ce chiffre de 20 % d’étudiants étrangers exonérés d’ici à la rentrée 2028, en passant par deux paliers intermédiaires : 30 % à la prochaine rentrée et 25 % en 2027. Initialement, le projet gouvernemental proposait une cible de 10 % d’étudiants étrangers qui ne paieraient pas leurs droits d’entrée. Les autres, ceux qui en ont les moyens, devront s’acquitter de 2 895 euros en licence, et 3 941 euros en master. « C’est seulement 30 % du coût de la formation ! » avait alors précisé le 20 avril Philippe Baptiste à notre journal. Cette mesure reste en place, mais un étudiant étranger sur cinq en sera dispensé en fonction de critères économiques.
Réactions et conséquences
Cette évolution du ministère sur cette question sensible a eu un effet immédiat. Ce mardi matin, 2 des 3 représentants de France Universités, l’organisation qui réunit les présidents de facultés, ont choisi de s’abstenir au moment du vote sur le projet de décret lors du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser). Le troisième a voté contre, comme la grande majorité des acteurs du monde universitaire qui rejettent cette généralisation des droits différenciés pour les étudiants étrangers. Ils lui reprochent de contrevenir aux valeurs humanistes d’accueil et d’ouverture des facultés françaises, et craignent un effet d’éviction des étudiants les plus précaires. Reste que ce vote de rejet n’aura que peu d’incidence, le Cneser étant un simple organe consultatif.



