Carte scolaire contestée : un nouveau conseil académique après le rejet des enseignants
Carte scolaire : nouveau conseil après rejet des enseignants

Un projet de carte scolaire vivement contesté relance les tensions dans l'Éducation nationale

Un nouveau Conseil spécial académique, qualifié de « conseil de repli », se tiendra ce mercredi matin. Cette réunion fait suite au rejet catégorique du projet de carte scolaire par les représentants des enseignants lors du précédent conseil, lundi soir. Après plus de cinq heures de délibérations intenses, les syndicats FSU, Unsa et FO ont unanimement voté contre le plan proposé par l'administration académique.

Un bilan lourd pour les écoles du département

Le projet de carte scolaire, porté par le directeur académique Alexandre Falco, implique une réduction de 11,5 postes d'enseignants. Concrètement, cette mesure se traduit par la fermeture de seize classes contre seulement trois ouvertures. Le plan inclut également une série de mesures techniques controversées, telles que la suppression de décharges et la fermeture de l'accueil des enfants de moins de trois ans à Lavardac.

« Le directeur académique des services de l'Éducation nationale doit demander un demi-poste de plus », ont insisté les syndicats dans leur compte-rendu. Cependant, cette concession minime n'a pas suffi à apaiser les tensions, laissant le projet global inchangé et inacceptable pour les représentants du personnel.

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Une mobilisation qui ne faiblit pas

Depuis le 11 mars, syndicats et parents d'élèves organisent régulièrement des actions de protestation. Les mobilisations se sont multipliées devant la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN) ou sous forme d'opérations « collège mort » au Mas-d'Agenais, à Sainte-Livrade et, plus récemment, ce mardi 31 mars à Port-Sainte-Marie.

« Cela dit, annoncer la carte scolaire la veille des vacances ne facilite pas le travail pour la mobilisation », dénoncent avec véhémence les organisations syndicales. Elles critiquent le calendrier jugé défavorable et le manque de considération pour la concertation.

Des enseignants dénoncent « la casse de l'Éducation nationale »

Les professeurs expriment un profond malaise face à ce qu'ils qualifient de « bricolage » administratif. « La carte scolaire ressemble à du bricolage. Et que dire du manque de remplaçants ? Même les formations sont le plus souvent ajournées », témoignent-ils amèrement. À travers leur vote contre le projet et les manifestations organisées, ils dénoncent une véritable « casse de l'Éducation nationale ».

Ils soulignent paradoxalement que la baisse démographique pourrait être l'occasion d'améliorer les conditions d'enseignement plutôt que de réduire les moyens. « Oui, il y a une baisse démographique. N'est-ce pas le bon moment pour donner davantage de moyens ? », plaident-ils avec insistance.

Un soutien parental grandissant

Les enseignants bénéficient d'un soutien croissant de la part des parents d'élèves, inquiets pour l'avenir de l'école publique. À l'école Bara, à Agen, un père de famille s'alarme : « Depuis cinq ans, le groupe scolaire perd une classe par an ». Parmi les fermetures prévues, cinq concernent des classes dédoublées, une mesure mise en place en 2017 pour les réseaux d'éducation prioritaires et étendue à d'autres établissements accueillant des publics fragiles, en fonction des moyens alloués.

Le nouveau Conseil spécial académique de ce mercredi 1er avril précédera le Conseil départemental de l'Éducation nationale, prévu vendredi 3 avril en préfecture. L'issue de ces réunions déterminera l'avenir immédiat de la carte scolaire et, plus largement, des conditions d'enseignement dans le département, alors que la colère ne semble pas près de s'apaiser.

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