Les alertes de plusieurs associations sur les tarifs « opaques et très variables » des bornes de recharge des voitures électriques ont trouvé un écho auprès de nombreux lecteurs et lectrices de 20 Minutes. Les prix peuvent varier jusqu’à 500 % sur une même borne, un constat qui suscite l’exaspération.
Un manque de transparence dénoncé par les usagers
Le premier point de friction concerne le manque de transparence au moment de brancher son véhicule. Alain déplore que « les tarifs ne soient pas affichés à la différence des tarifs de l’essence ». Contrairement aux stations-service traditionnelles où les prix au litre s’affichent sur de grands panneaux lumineux, la recharge électrique a ses règles, jugées peu claires. Maud est agacée de « ne jamais payer le même prix, surtout sur l’autoroute pour la même recharge, et les prix ne sont pas affichés comme pour les carburants ».
Jongler entre les applications et les badges
À la borne, il n’y a pas de terminal bancaire. Il faut donc jongler avec les applications ou les cartes de recharge. Pour Cécile, « c’est le bazar ! Entre les cartes et badges dont on ne sait jamais s’ils vont passer ou non, et les prix totalement aléatoires, ça doit être très compliqué pour les budgets serrés ! ». En rechargeant son véhicule à Paris, Yann a eu une mauvaise expérience : « Je me suis trompé de carte et au lieu de payer 4-5 euros avec ma carte Belib, je me suis retrouvé avec une facture de 48 euros sur mon autre carte… »
Des prix très variables selon les opérateurs
Au-delà des cartes, ce sont les prix très variables qui déroutent… et dégoûtent. Certains opérateurs facturent au kilowattheure (kWh), d’autres à la minute, beaucoup combinent les deux. Des frais de connexion ou des taxes d’occupation peuvent s’ajouter. « Il y a souvent des tarifs à la minute alors que la puissance de charge n’est pas garantie. Les tarifs à la minute ne devraient s’appliquer qu’après un certain temps », s’indigne Phil. « Le fait qu’il y ait des tarifications au kWh, d’autres à la minute et d’autres un mix des deux rend très compliquée la comparaison », abonde Olivier.
Les collectivités locales pas toujours plus économiques
La gestion par les collectivités locales plutôt que par le privé n’est pas forcément plus économique, regrettent plusieurs témoins. À Saint-Cyr-l’École, dans les Yvelines, Barbara déplore : « Depuis mars 2026, la commune a changé d’opérateur, et les prix ont fortement augmenté, avec une tarification au temps à la minute et au kWh ». À Crest-Voland (Savoie), Jean-Luc s’étonne de voir que « les tarifs vont de 0,17 €/kWh à 0,77 €/kWh sur la même commune ». Virginie confirme que « pour la même recharge, il peut y avoir plus de 10 euros de différence ».
À la recherche de la borne la moins chère
Pour ne pas voir leur facture dépasser celle d’un plein d’essence, les usagers ont leurs techniques. Frédéric et Michel s’appuient sur les écosystèmes fermés mais considérés comme fiables, comme Tesla. D’autres conducteurs se tournent vers les parkings des supermarchés qui cassent les prix pour attirer les clients. « Désormais, je me recharge sur les bornes des réseaux des centres Leclerc ou Lidl, avec un tarif situé entre 0,26 et 0,30 €/kWh », raconte Bertrand.
Les applications de comparaison ont également la cote. « J’utilise Chargeprice, raconte Laurent. Cela permet de connaître, en fonction des cartes, les coûts de recharge en fonction des kWh, mais également des temps de charge. », écrit-il. Aldéric, propriétaire d’une Zoé d’occasion, s’est lui aussi habitué à cette gymnastique : « On se met à organiser nos routes "à l’ancienne" en imposant une borne peu chère sur le trajet. Trouver des tarifs qui varient du simple au quintuple (!) sur la route, c’est souvent rageant. » Pour la majorité des témoins, la solution la plus simple reste la recharge chez soi. « J’ai investi en solaire afin de minimiser les charges à l’extérieur, le soleil lui est à un tarif bien plus bas », assure Fabien.
Un frein pour que l’électrique devienne la norme
Pour Dominique, « cette connaissance trop technique est un frein à l’utilisation des véhicules électriques par le plus grand nombre ». Certains finissent par abandonner, à l’instar de Jean qui utilise un véhicule hybride d’entreprise : « En un an, j’ai pu recharger 10 fois autour de mon lieu de rendez-vous professionnel. Les deux autres années du contrat, je n’ai JAMAIS rechargé. Trop pénible. »



