L'État doit respecter « son devoir de protection de notre ressource en eau potable ». Deux ONG ont annoncé jeudi poursuivre l'État devant le tribunal administratif de Paris. Elles estiment cette protection menacée par les pollutions agricoles.
Un recours pour carence fautive
Le recours de France Nature Environnement (FNE) et l'Association Citoyenne Laïque des consommateurs déposé mercredi « vise à engager la responsabilité de l'État du fait de sa carence fautive dans la protection des captages ». Et « lui demander de mettre en œuvre une série de mesures de protection, et de réparer le préjudice écologique ».
Le texte demande à la justice administrative d'enjoindre l'Etat à prendre d'abord certaines mesures sous six mois. Puis, d'ici un an, de « prendre toute mesure utile de façon à réduire l'utilisation des pesticides de synthèse sur toutes les AAC » (aires d'alimentation de captage).
Des chiffres alarmants sur les captages fermés
Sur la période 1980-2025, près de 14.640 captages d'eau potable ont été fermés en France, avec pour raison première (dans 31,9 % des cas) « la dégradation de la qualité de la ressource en eau », selon les données de l'administration. Dans 41,6 % des situations, les causes de cette dégradation sont des « teneurs excessives en nitrates et/ou pesticides ». Ces produits épandus dans les champs ruissellent ensuite jusqu'aux rivières et nappes phréatiques, où est ensuite puisée l'eau qui, après traitement, alimentera les robinets.
Des coûts de dépollution exorbitants
« La contamination des eaux du fait des pollutions agricoles conduit à des difficultés d'approvisionnement en eau de qualité et/ou à des coûts exorbitants de dépollution pour les Françaises et les Français », regrettent les ONG. Elles prônent notamment un soutien aux agriculteurs pour les encourager à travailler sans pesticides de synthèse.
Ce recours intervient au moment où le gouvernement vient de présenter une loi d'urgence agricole censée répondre à la colère des agriculteurs. Le texte a suscité de vives réactions d'ONG environnementales, en particulier contre son volet sur la gestion de l'eau. Le débat parlementaire pourrait être une occasion d'y inclure des mesures de la proposition de loi dite « Duplomb II » sur la réintroduction de pesticides interdits.



