Frontignan : un projet de sens unique avenue d'Ingril déclenche une tempête de protestations
La mairie de Frontignan a organisé une réunion publique le 16 avril à la salle de la Capitainerie pour présenter un projet d'expérimentation estivale dans le quartier de la Bergerie, mais la rencontre s'est rapidement transformée en foire d'empoigne. Plus d'une centaine de riverains, remontés à bloc, ont exprimé leur vive opposition à ce plan qui vise à modifier la circulation sur l'avenue d'Ingril.
Les détails du projet controversé
La municipalité propose de tester une circulation à sens unique sur 450 mètres de l'avenue d'Ingril, du 1er juillet au 31 août, afin de fluidifier les déplacements, sécuriser les usages et améliorer la vie du quartier. Les automobilistes seraient contraints de faire un détour par l'avenue des Étangs. Éric Bringuier, adjoint au maire en charge du cadre de vie, défend l'initiative en soulignant qu'elle permettrait d'améliorer la promenade piétonne et de la sécuriser, notamment pour les mamans avec poussettes qui doivent actuellement emprunter la chaussée en raison de trottoirs trop étroits. Sylvio Cuciniello, conseiller municipal délégué aux commerces, ajoute que cela dynamiserait l'activité des commerces locaux.
Les inquiétudes des habitants
Malgré ces arguments, les riverains restent sceptiques et expriment de nombreuses craintes :
- Impact économique : Une habitante estime que le détour entraînerait une perte de pouvoir d'achat de 100 euros par mois pour une famille, en raison de l'augmentation des kilomètres parcourus.
- Problèmes de circulation : Les habitants redoutent que le doublement prévisible du trafic sur l'avenue des Étangs ne crée des bouchons, entrave la circulation des bus et ralentisse les interventions des pompiers.
- Risques environnementaux : L'augmentation du trafic dans une zone Natura 2000 suscite des inquiétudes quant à la pollution de l'air et sonore.
- Solutions alternatives : Certains résidents, comme Orianne et Thomas, suggèrent plutôt d'aménager les trottoirs et de mieux faire respecter la limitation de vitesse à 30 km/h.
Bernard, un riverain du lotissement des Aresquiers, résume l'hostilité générale en déclarant : "Le projet n'est pas réalisable par rapport aux secours. Ce qu'ils proposent est ingérable. Il y a de quoi s'inquiéter."
La réponse des élus et l'avenir incertain
Face à cette levée de boucliers, les élus tentent de calmer le jeu. Sylvio Cuciniello explique qu'il s'agit d'une expérimentation et que si elle n'est pas concluante, elle ne sera pas maintenue. Il promet de retravailler le projet avec les services municipaux pour concilier les attentes des habitants, mais insiste sur la nécessité de concessions de part et d'autre. Cependant, ces assurances n'ont pas suffi à apaiser la colère, et de nombreux participants ont quitté la salle en signe de protestation.
Des expérimentations similaires ont déjà été menées en cœur de ville à Frontignan, initialement accueillies avec hostilité avant d'être appréciées après modifications. Reste à savoir si ce scénario se reproduira pour le projet de l'avenue d'Ingril, où les tensions restent vives et l'issue incertaine.



