Hervé Philibert conserve la présidence de Provence Verdon après une élection à suspense
Ce mardi 14 avril 2026 restera marqué dans les annales de la vie politique locale varoise. Hervé Philibert, maire de Ginasservis, a été réélu à la présidence de la communauté de communes Provence Verdon, mais cette victoire n'a été acquise qu'après un véritable marathon électoral de trois tours, témoignant des tensions et des équilibres fragiles au sein de l'assemblée délibérante.
Un duel serré entre expérience et renouvellement
Face au départ des nouveaux maires, peu enclins à briguer cette fonction exigeante, la course à la présidence s'est naturellement portée vers les élus déjà bien installés, rompus aux mécanismes complexes d'une intercommunalité. Sans grande surprise, Hervé Philibert, le président sortant, a présenté sa candidature pour un nouveau mandat. Il a été opposé à Cathy Venturino-Gabelle, maire de Barjols et ancienne vice-présidente chargée du développement économique et de l'agriculture au sein de la même collectivité. Ce duel a cristallisé les attentes et les clivages, promettant un scrutin indécis.
Trois tours pour un verdict final à l'arraché
Le premier tour a immédiatement confirmé la polarisation de l'assemblée, avec un résultat parfaitement équilibré : 19 voix pour chaque candidat, créant une impasse totale. Le deuxième tour a reproduit à l'identique cette situation de blocage, forçant les élus à un troisième et ultime tour de scrutin. C'est finalement lors de cette dernière manche qu'Hervé Philibert a pu faire la différence, décrochant 20 voix contre 18 à son adversaire, s'adjugeant ainsi la présidence sur le fil.
Les enjeux d'une présidence reconduite
Cette réélection, bien que difficilement acquise, permet à Hervé Philibert de poursuivre le pilotage de Provence Verdon, une intercommunalité regroupant plusieurs communes du Var. Son expérience et sa connaissance des dossiers en cours seront des atouts pour gérer les défis à venir, notamment dans un contexte de tensions budgétaires et d'attentes fortes des citoyens en matière de services publics et d'aménagement du territoire. La campagne et le résultat très serré montrent cependant que l'opposition, menée par Cathy Venturino-Gabelle, dispose d'une base solide et pourrait continuer à exercer une pression significative sur la majorité.
Cette élection illustre parfaitement la vitalité, mais aussi les fractures, de la démocratie locale. Elle démontre que même les scrutins apparemment techniques, comme l'élection d'un président d'intercommunalité, peuvent susciter des passions et des rapports de force intenses, où chaque voix compte et où la légitimité du vainqueur, bien que constitutionnelle, reste étroitement liée à sa capacité future à rassembler au-delà des clivages.



