La Nouvelle-Aquitaine renforce son engagement industriel avec Flying Whales
Lors de la plénière régionale qui s'est tenue ce week-end, la majorité a acté une décision majeure : la transformation d'une avance remboursable de 10 millions d'euros en participation au capital de Flying Whales. Ce projet ambitieux prévoit l'installation d'une usine à Laruscade, en Haute-Gironde, pour assembler des dirigeables XXL destinés au transport de marchandises. Alain Rousset, président de la Région, a défendu avec conviction cette orientation, rappelant que la Nouvelle-Aquitaine se positionne comme leader national en matière de création d'usines.
Un projet qui divise la majorité et les écologistes
Si le dossier de la LGV a souvent focalisé les débats, c'est bien l'usine Flying Whales qui incarne aujourd'hui une divergence de vues palpable entre la majorité régionale et le groupe des écologistes. Ces derniers ont réitéré leur opposition dans l'hémicycle, arguant de risques environnementaux et économiques. Alain Rousset a répondu avec fermeté : « Refuser de l'emploi dans une zone en souffrance, un projet de transport décarboné contre les gaz à effet de serre, alors oui, c'est un risque. Sans risque et sans la puissance publique, Ariane, le TGV, la filière nucléaire n'existeraient pas ».
La société Flying Whales, après avoir obtenu les autorisations environnementales nécessaires, est sur le point de finaliser une levée de fonds de 105 millions d'euros, avec l'arrivée de cinq nouveaux partenaires. Cette dynamique financière conforte la Région dans son soutien, faisant de ce dossier un symbole de sa politique industrielle proactive.
D'autres initiatives pour décarboner les transports
La plénière a également validé l'engagement de la Région dans le projet Pégase, porté par les universités de Toulouse et Bordeaux. Ce programme vise à développer un avion sans émission, s'inscrivant dans la stratégie de décarbonation de la filière aéronautique. Par ailleurs, dans le cadre de l'ouverture à la concurrence, le marché des TER du Poitou-Charentes a été attribué à SNCF Voyageurs, marquant un tournant dans les relations avec la collectivité. Ce contrat d'un milliard d'euros devrait permettre d'augmenter les fréquences, avec 22 trains supplémentaires par jour. D'autres lots, comme ceux du Limousin-Périgord et du Sud-Aquitaine, seront prochainement soumis à concurrence.
Un plan de soutien exceptionnel après la tempête Nils
Face aux intempéries causées par la tempête Nils, la Nouvelle-Aquitaine a débloqué un fonds de soutien exceptionnel de trois millions d'euros. Cette enveloppe sera répartie comme suit :
- 30% pour les collectivités, afin de financer la remise en état des équipements endommagés.
- 35% dédiés aux très petites et moyennes entreprises, commerces et maraîchers, pour les aider à redémarrer leurs activités.
- 35% consacrés à la réparation des digues et ouvrages hydrauliques affectés par les inondations.
Alain Rousset a souligné que « ces aides ne doivent pas faire oublier la nécessaire et indispensable adaptation de l'action publique au changement climatique », rappelant ainsi l'urgence d'une politique environnementale cohérente.
Une plénière marquée par des coupes dans les politiques publiques
Cette session a par ailleurs été l'occasion de proposer un plan de réduction des politiques publiques déployées pour accompagner les entreprises dans leurs transformations environnementales, technologiques et organisationnelles. Dans une assemblée très politique, peu de voix se sont élevées pour contester ces mesures, si ce n'est à la marge. Cette approche reflète la recomposition du paysage régional, où la priorité est donnée à l'investissement industriel et à la résilience face aux crises climatiques.



