Nouvelle-Aquitaine défend un amendement vital pour sauver les petites lignes ferroviaires
Nouvelle-Aquitaine défend les petites lignes ferroviaires

La Nouvelle-Aquitaine en première ligne pour la défense des petites lignes ferroviaires

La région Nouvelle-Aquitaine plaide activement pour que SNCF Réseau reprenne en main le financement et la gestion des petites lignes ferroviaires, via un amendement crucial au projet de loi-cadre sur le développement des transports. L'examen de ce texte législatif débute ce mercredi 15 avril au Sénat, marquant un moment décisif pour l'avenir des dessertes ferroviaires secondaires.

Des lignes emblématiques en danger

À l'image de la ligne Blaye-Saint-Mariens en Gironde, Limoges-Angoulême, Pau-Canfranc, Mont-de-Marsan-Tarbes ou encore Agen-Périgueux, plusieurs collectifs d'usagers du TER alertent régulièrement sur l'urgence de rouvrir des lignes ferroviaires ou d'en assurer la pérennité. Ces liaisons, souvent vitales pour les territoires ruraux, font face à des défis financiers et structurels majeurs.

La région Nouvelle-Aquitaine milite avec détermination pour que le projet de loi-cadre sur les transports, dont l'examen commence cette semaine au Sénat, prenne en compte de manière significative la régénération des dessertes fines. Cette bataille législative intervient dans un contexte où, à partir de 2032, le gouvernement entend notamment mobiliser les recettes issues des péages autoroutiers pour financer les travaux sur les infrastructures des réseaux ferré et fluvial en déshérence.

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Un amendement qualifié de « vital » pour les territoires

Renaud Lagrave, vice-président de la région Nouvelle-Aquitaine et représentant de la commission Transports au sein de l'association Régions de France, défend avec conviction ce qu'il nomme un « amendement vital » pour les territoires ruraux. « L'heure des choix est arrivée », déclare-t-il, soulignant l'enjeu crucial que représente cette question pour l'aménagement du territoire et la mobilité durable.

Une inégalité de traitement flagrante entre régions

Cet amendement vise spécifiquement la réintégration du financement des petites lignes ferroviaires dans le giron de SNCF Réseau, en réponse aux difficultés budgétaires croissantes des collectivités territoriales. Ces dernières demandent avec insistance que le contrat de performance signé entre l'État et SNCF Réseau reprenne la charge financière de ces liaisons, dont le coût annuel – incluant l'entretien et la modernisation – représente « 400 millions d'euros par an à l'échelle nationale ».

Cette revendication s'appuie sur une « inégalité de traitement flagrante » entre les différentes collectivités françaises. « En Nouvelle-Aquitaine par exemple, ces petites lignes représentent 60 % de notre territoire, contre 10 % dans certaines régions, voire seulement 23 kilomètres en Île-de-France », détaille avec précision le Landais Renaud Lagrave. Cette disparité géographique crée des déséquilibres majeurs en termes d'investissements et de services offerts aux populations.

Un engagement financier régional conséquent

La région Nouvelle-Aquitaine rappelle avec force son engagement financier substantiel en faveur du transport ferroviaire. « Nous avons acheté 28 rames ces dernières années. Nous versons 90 millions d'euros par an de péages à la SNCF, une somme en forte augmentation qui est censée servir à la modernisation du réseau », explique-t-elle. Cet investissement régional important contraste avec les défis persistants auxquels font face les petites lignes.

Une alerte sur les contradictions de la stratégie gouvernementale

La région alerte également le gouvernement sur ce qu'elle perçoit comme des contradictions dans sa stratégie d'électrification du pays. « On parle du chauffage, des voitures, des camions. Mais rien sur le train. Or, si on veut une véritable transition énergétique, commençons par électrifier les lignes où circulent des trains au diesel », argumente-t-elle. Cette position met en lumière l'importance du ferroviaire dans la transition écologique et énergétique, un aspect souvent négligé dans les débats publics.

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L'enjeu dépasse largement le simple cadre budgétaire pour toucher à des questions fondamentales d'aménagement du territoire, de justice sociale entre régions, et de cohérence des politiques de transition énergétique. Le vote au Sénat cette semaine déterminera si ces préoccupations seront intégrées dans la loi-cadre sur les transports, avec des conséquences durables pour la mobilité des Français et l'avenir des territoires ruraux.