Une rivalité politique s'installe en Périgord noir
Depuis l'installation du nouveau Conseil de la Communauté de communes Sarlat-Périgord noir, le mardi 31 mars, les relations entre Jérôme Peyrat, maire de La Roque-Gageac, et Basile Fanier, maire de Sarlat, se sont considérablement dégradées. Cette tension politique émerge malgré les nombreux points communs qui unissent les deux élus de droite, notamment leur appétence pour les plaisirs de la table, leurs attaches à La Roque-Gageac et leur farouche opposition à l'ancien maire de Sarlat, Jean-Jacques de Peretti.
Une élection serrée aux conséquences durables
Le premier Conseil communautaire sans Jean-Jacques de Peretti a vu s'affronter Basile Fanier et Benoit Secrestat, maire de Proissans, pour la présidence de l'intercommunalité. L'élection s'est jouée à une seule voix en faveur de Benoit Secrestat, cette voix décisive étant celle de Jérôme Peyrat. Ce choix a profondément irrité Basile Fanier, qui déclare ouvertement : « La voix qui manque, c'est celle de Jérôme. Je le sais. »
Avec seize de ses colistiers municipaux siégeant au Conseil communautaire, l'édile sarladais n'aurait eu besoin que de deux voix supplémentaires pour être élu. Agacé, Basile Fanier a laissé entendre que Jérôme Peyrat aurait négocié dans son dos un poste au SMD3, une accusation que ce dernier dément fermement.
Les justifications d'un vote controversé
Jérôme Peyrat s'explique sur son vote : « Je n'ai rien négocié du tout. J'ai soutenu Basile pour l'élection à Sarlat, mais, comme je lui ai dit, j'aurais aimé une réunion préalable entre Benoit et lui au sujet de la Communauté de communes. Et je suis convaincu que, pour son premier mandat de maire de Sarlat, c'est une situation idéale pour lui. Il a hérité de la première vice-présidence avec les compétences économie et tourisme, que nous nous partagions jusque-là avec Benoit. »
Un mandat communautaire sous tension
Le mandat qui s'ouvre risque d'être particulièrement sportif au sein de l'intercommunalité sarladaise. Cette rivalité politique intervient alors que d'importants dossiers sont en cours, notamment :
- Le projet de piscine intercommunale
- Le développement des studios de cinéma
- L'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal
Ces tensions pourraient compliquer la gestion de ces projets structurants pour le territoire du Périgord noir, où certains voyaient en Jérôme Peyrat le père spirituel de Basile Fanier. La rupture entre les deux hommes marque un tournant dans la politique locale de cette région de Dordogne.



