« On est sur une année vraiment particulière. » Le diagnostic est clair du côté du service démoustication de la ville de Hyères. Entre janvier et mars, les cumuls de pluie ont atteint l'équivalent de six mois de précipitations normales. « Selon les zones, on a reçu jusqu'à 680 mm », note Jean-Brice Cortez, responsable du service de démoustication au sein du service santé, prévention et risques de la commune. « À titre de comparaison, 800 mm étaient tombés sur toute l'année 2025. »
Outre la pluie, des épisodes tempétueux ont favorisé la stagnation de l'eau. « Que ce soit par mistral ou par vent d'est, quand la mer entre fortement, les réseaux pluviaux ne peuvent plus évacuer. L'eau reste, y compris dans des zones où elle ne devrait pas stagner », explique-t-il. Résultat : des conditions idéales pour la reproduction des moustiques. « Dès que les températures ont remonté fin mars, les larves se sont développées et ils sont sortis. »
Une action municipale précoce
Face à cette situation, la municipalité a décidé d'agir plus tôt. « Habituellement, on démarre le dispositif des bornes le 1er juin. Cette année, on l'avance au 1er mai », annonce la maire, Véronique Bernardini. Cette décision repose sur les relevés du terrain et la volonté de limiter l'impact dès les premiers pics de fréquentation, notamment lors des ponts du mois de mai. Un mois supplémentaire de fonctionnement pour les 400 bornes de l'entreprise Qista coûte environ 60 000 euros. « C'est un effort, mais c'est nécessaire au vu de la situation », assume l'élue.
Parallèlement, le drone qui pulvérise le traitement stoppant le développement des larves a repris du service dès fin février au-dessus des vastes zones humides de la commune. Il tente de limiter les dégâts là où il peut passer.
Mobilisation générale
La Ville martèle qu'elle ne peut pas agir seule. « On peut traiter autant qu'on veut sur l'espace public, si rien n'est fait sur les propriétés privées, on n'y arrivera pas », insiste Véronique Bernardini. Elle invite tous les Hyérois et les propriétaires de résidences secondaires à adopter les bons gestes. « Tout le monde sait maintenant qu'il faut vider les coupelles, soupire Jean-Brice Cortez, mais il faut aussi entretenir les gouttières, vérifier l'étanchéité des fosses, éliminer les amas de feuilles humides au pied des arbustes... Beaucoup pensent aux pots de fleurs, mais il y a de nombreuses autres sources d'eau stagnante. »
Le service propose des diagnostics à domicile pour aider les particuliers. « Le moustique tigre vit dans un rayon d'environ 50 mètres. Tout se joue à proximité immédiate des habitations », ajoute la maire. Constatant que les propriétaires de résidences secondaires « ne sont pas les plus faciles à sensibiliser », elle souhaite renforcer la prévention au moment du départ, à la fin des vacances. « C'est avant de fermer sa maison qu'il faut penser à vider, nettoyer, anticiper. »
Si l'accalmie des pluies ces dernières semaines laisse entrevoir une amélioration, la prudence reste de mise. « Le pic est sans doute derrière nous, mais le moindre épisode orageux peut relancer la machine », prévient Jean-Brice Cortez.



