Gilles Giovannangeli élu président du conseil exécutif de Corse
Giovannangeli prend la tête de l'exécutif corse

Le conseil régional de Corse a une nouvelle tête. Gilles Giovannangeli, président de l'Agence du développement économique de la Corse (ADEC) et ancien « prisonnier politique du FLNC », a été élu lundi président du conseil exécutif de Corse, succédant à Gilles Simeoni qui reste membre du conseil, en charge de l'autonomie.

Il a été élu à la tête d'une liste de 10 conseillers territoriaux par 34 voix sur les 63 conseillers territoriaux dont 62 votants, lors de la session extraordinaire de l'assemblée de Corse. Il avait face à lui le président du groupe d'opposition de droite, Un Soffiu Noviu, Jean-Martin Mondoloni, qui n'a recueilli que 15 voix. Par ailleurs, 13 bulletins blancs ou nuls ont été relevés.

Un parcours politique marqué par le nationalisme corse

Élu conseiller régional en 2021 sur la liste de Simeoni, ce changement de siège en cours de mandature est une première depuis 1992. Élu maire de Bastia, Gilles Simeoni avait promis de démissionner de la présidence. « Si cette liste est élue, je resterai membre du Conseil exécutif et j'aurai notamment en charge la question de l'autonomie et le suivi du processus devant le Parlement », avait alors expliqué à l'AFP M. Simeoni.

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Très discret, Gilles Giovannangeli a été maire de Lecci (Corse-du-Sud) de 2001 à 2014 puis élu conseiller territorial en 2021 sur la liste autonomiste menée par Gilles Simeoni. Il a été président de l'Office d'équipement hydraulique de l'île avant de devenir président de l'ADEC en 2025. Il a également été directeur régional de BGE, un réseau d'aide aux entrepreneurs et à la création d'entreprises.

Un passé judiciaire lié au FLNC

Condamné pour un attentat visant une banque, alors qu'il avait 19 ans, Gilles Giovannangeli avait été condamné à cinq ans de prison, dont deux avec sursis, pour un attentat visant une banque revendiqué par le Front de libération nationale corse (FLNC). En annonçant officiellement sa démission fin avril, Gilles Simeoni avait présenté son successeur désigné, assurant être « fier que Gilles Giovannangeli soit le premier prisonnier politique corse à briguer et je l'espère à être investi comme président du conseil exécutif de Corse ».

Premier discours et priorités

Lors de son premier discours en tant que président, en corse et en français, il a rendu hommage à sa soeur, Marie-France Giovannangeli, militante et co-fondatrice du collectif antimafia « A maffia no, a vita ié ». Il a également longuement salué la mandature de Gilles Simeoni avant de présenter les trois « grands chantiers » de ses deux ans de mandat : un plan de rénovation des collèges et lycées, l'amélioration des infrastructures routières et le logement.

Il a rappelé « les fondamentaux du nationalisme », - reconnaissance du peuple, statut de résident qu'il entend « renforcer », coofficialité de la langue corse-, assurant qu'ils restaient « notre boussole pour construire notre pays (…) et l'autonomie ».

Composition du nouveau conseil exécutif

Sur la liste des 11 membres du conseil exécutif élue figure le conseil exécutif sortant avec, en troisième position, Gilles Simeoni et en dixième position Jean-Félix Acquaviva, ex-député et président de l'office des transports de Corse, accusé début avril de corruption sexuelle. Une enquête pour « corruption passive, trafic d'influence et prise illégale d'intérêt » a été ouverte par le procureur de Bastia, suite à ces accusations.

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