Forêt cévenole : des citoyens se mobilisent pour sa gestion
Forêt cévenole : citoyens en action pour sa gestion

Des collectifs et associations du Gard et de la Lozère se mobilisent pour l'avenir de la forêt cévenole, confrontée aux menaces d'incendies, de coupes abusives et d'abandon. Une soixantaine de personnes se sont réunies à Saint-Étienne-Vallée-Française, en Lozère, pour une journée de réflexion et de tables rondes.

Une forêt privée et morcelée

En Lozère, la forêt couvre 240 000 hectares, dont 80 % sont privés, une proportion identique pour l'ensemble de l'Occitanie. Pierre Gazin, élu à Saint-Roman-de-Codières, dans le Gard, explique que sa commune compte 1 800 hectares de forêt privée, avec des parcelles parfois d'un demi-hectare, souvent héritées. "Plus aucun nettoyage n'est fait, les châtaigniers dépérissent, les fonds de vallons sont si denses que seuls les sangliers y pénètrent", témoigne-t-il.

La menace de la centrale à biomasse de Gardanne

La mobilisation est notamment motivée par le projet de transformation de la centrale à charbon de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, en centrale à biomasse. Ce projet industriel, vieux de plus de dix ans, prévoit de brûler du bois pour produire de l'électricité. "Nous nous sommes remobilisés avec la nouvelle enquête publique de Gardanne au printemps 2025", explique Jacqueline Blavet, du collectif Terres Vivantes en Cévennes.

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Des pistes pour l'avenir

Xavier Pedel, référent forêt de la Ligue de protection des oiseaux de Lozère, souligne les incertitudes liées au réchauffement climatique : "Nous ne savons rien des interactions entre espèces. Le bois d'œuvre est plus intéressant financièrement que le bois pour l'énergie, mais il faudrait plus de chercheurs."

Yannick Louche, ancien maire de Cendras, dans le Gard, s'est engagé il y a 36 ans dans la démarche Man and Biosphère de l'Unesco, qui regroupe désormais 32 communes. "On a pu se payer des ingénieurs, des techniciens, qui sont obligés de travailler ensemble", explique-t-il. Des études sont menées avec l'école des mines d'Alès sur le gemmage (récolte de résine de pin) et avec l'INRAe sur la récupération de tanin d'arbres malades pour fabriquer un retardant antifeu.

Sur le Larzac, la forêt grossit trop vite

L'association Bois du Larzac gère 3 000 hectares boisés sur les 6 500 hectares de la Société civile des terres du Larzac. Eric Darlet constate : "Nous avons développé du bois bûche et des plaquettes pour alimenter des chaufferies dans un rayon de 50 km, mais la forêt grossit plus vite qu'on ne la coupe." Le risque incendie est également une préoccupation, avec l'association des pompiers aux réflexions et le recours au pâturage pour contenir le feu.

Se réapproprier le commun

Irène Lebeau, ancienne maire de Dourbies, dans le Gard, encourage les citoyens à s'impliquer dans les chartes forestières : "La forêt, c'est du commun aussi, il faut s'y intéresser." Christian Sunt, militant décroissant cévenol, prône un retour à une gestion paysanne : "Ce modèle extractiviste et prédateur est destructeur. Il faut revenir à une gestion paysanne de la forêt, comme les prairies ou les vergers."

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