Une dernière séance chargée d'émotion
Ce vendredi 26 juin 2026, Renaud Muselier a présidé sa dernière assemblée plénière en tant que président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Après cinq heures de débats intenses, l'homme politique, connu pour son franc-parler et son énergie, a laissé transparaître une émotion rare. Alors que les échanges avec l'opposition du Rassemblement national avaient été, comme à son habitude, vifs et mordants, c'est l'intervention de son ami Pierre-Paul Leonelli, président du groupe Notre Région d'Abord, qui a fait basculer l'atmosphère. Leonelli a salué « les dix ans de mandat de notre Président qui a su faire briller notre belle région », provoquant une vague d'émotion chez Muselier.
Un départ pour le Sénat, mais un attachement profond à la région
Renaud Muselier a expliqué que son départ était motivé par un enjeu national : « La bataille majeure qui s'annonce - l'élection présidentielle - nécessite d'aller au Sénat. » Il a qualifié cette décision de « très lourde, très difficile », ajoutant : « J'aime cette région. Profondément. Je me suis levé la peau pour cette région comme peu d'hommes politiques ont pu le faire. » La voix chevrotante, il a remercié l'assemblée : « Merci pour ces dix ans. Je me suis régalé. C'est dur, c'est épuisant de se réveiller tous les matins en se demandant si les trains roulent, s'il y a eu un assassinat, s'il y a eu une attaque, si une entreprise va fermer […] C'est dur, mais c'est merveilleux, c'est fantastique. Jamais je me plains car on n'a pas le droit de se plaindre. » Ces confidences ont été saluées par une standing ovation de l'ensemble de l'hémicycle.
L'affaire Lyhanna et la sécurité dans les lycées
Parmi les dossiers abordés lors de cette séance, l'affaire Lyhanna, du nom de cette collégienne enlevée, violée et assassinée dans le Gers en mai dernier, a été évoquée. Le conseil régional s'est engagé à « déployer tous les moyens nécessaires pour instaurer une vérification annuelle obligatoire et systématique du casier judiciaire de l'ensemble des agents régionaux affectés dans les lycées du territoire ». Par ailleurs, l'assemblée a demandé à l'État « une évolution immédiate du cadre légal national et la mise en place d'un mécanisme d'information automatique et systématique de l'employeur public dès lors qu'une condamnation pénale est prononcée contre un agent pour des faits incompatibles avec des fonctions exercées auprès des mineurs ».
Canicule et adaptation au changement climatique
La canicule qui frappe le pays a également été au centre des discussions. La Région a rappelé son plan canicule pour les transports, « déclenché dès le niveau jaune des alertes de Météo France » et « en place depuis samedi dernier ». Ce plan prévoit que tous les trains et cars sont climatisés, l'installation de fontaines à eau dans huit gares, la distribution de 5 000 gourdes, ainsi que des chapeaux, éventails et bouteilles d'eau dans les trains. Concernant les lycées, Marie-Florence Bulteau-Rambaud, pour la majorité, a indiqué que « la climatisation des 174 lycées de la région coûterait plus de 400 millions d'euros en investissement et des factures d'électricité multipliées par trois ». Elle a plaidé pour « d'autres solutions d'adaptation sobres en énergie, durables et compatibles avec les objectifs de transition écologique existent telles que la construction intelligente, l'adaptation des horaires… »
Polémique sur la climatisation
Cette position a suscité une vive réaction de Franck Allisio, élu du Rassemblement national. Citant un rapport régional selon lequel « le recours à la climatisation n'est pas préconisé par la région en raison de sa contribution au réchauffement climatique », Allisio a déclaré : « cette position est celle de la gauche et de l'extrême gauche. De LFI et des écolos gauchistes. Au mieux des fadas, au pire des dangereux. »
Renforcement de la sécurité dans les transports
La Région a également adopté un plan « zéro impunité dans nos transports », comprenant 23 mesures autour de trois axes : dissuader, protéger, accompagner. Parmi les mesures figurent la présence renforcée de la sécurité ferroviaire, la création de « safe place » dans les gares, le signalement en ligne et l'aide au dépôt de plainte. Les violences sur les personnes et les biens ont baissé de 25 %, mais les violences sexuelles et sexistes, qui touchent principalement les femmes, restent élevées.



