La nouvelle équipe de direction du Parc national des Pyrénées s'est présentée en milieu de semaine. Des CV qui résonnent avec cette institution publique dédiée à l'environnement et à la préservation d'un bien commun montagnard. Il y aura de quoi faire.
Franck Bocher, un nouveau directeur aux racines pyrénéennes
À 57 ans, Franck Bocher s'apprête à prendre les rênes du Parc national des Pyrénées. Au 1er mai, ce proviseur de lycée agricole, ingénieur des ponts, eaux et forêts, succédera au directeur par intérim, Arnaud David, qui retrouvera son poste d'adjoint. Un nouveau secrétaire général fait également son apparition : Julien Urruty, qui arrive de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) Pau Béarn, où il supervisait notamment la formation.
« Je suis directeur d'un lycée agricole et forestier avec trois pôles : agriculture, forêt et nature, rappelle Franck Bocher pour souligner ses accointances avec sa nouvelle mission. On y forme des élèves en BTS protection de la nature qui deviennent techniciens de l'environnement, notamment pour les Parcs nationaux. » Le directeur expérimenté a aussi œuvré onze ans à la Direction départementale des territoires des Hautes-Pyrénées et sept ans dans l'Aveyron, où il a participé à la reconnaissance du Parc naturel régional de l'Aubrac.
Une fréquentation en hausse et des défis climatiques
« Ça a été une grande opportunité, explique Franck Bocher, heureux d'avoir été retenu parmi une trentaine de candidatures. Minot, je voulais être berger dans les Pyrénées. Je suis un amoureux du patrimoine. Je suis aussi très attaché à la ruralité, je suis petit éleveur de vaches béarnaises. » Franck Bocher était également maire de son petit village de Ponson-Debat-Pouts, à la frontière des Hautes-Pyrénées. Le nouveau secrétaire général, Julien Urruty, est de son côté élu à Uzein, près de l'aéroport de Pau.
L'autre source de motivation de la nouvelle direction sera « d'embarquer les 72 agents du parc, une équipe à taille humaine », du siège tarbais vers toutes les antennes sur le territoire, de la vallée d'Aspe à la vallée d'Aure. Le Parc national des Pyrénées peut s'appuyer sur un budget de 8,5 millions d'euros, où la dernière rallonge de 479 000 euros obtenue par la direction n'est pas un détail. Le premier chantier du nouveau triumvirat sera la réécriture de la charte du site pour répondre à l'évolution des usages.
« Nous avions connu un bond de 25 % de fréquentation juste après le Covid, rappelle Arnaud David. Le chiffre a été stable pendant trois ans avant de redescendre un peu. Mais nous sommes toujours entre 15 et 20 % au-dessus des fréquentations d'avant 2018. C'est bien, je préfère que les gens viennent dans les Pyrénées plutôt qu'à Dubaï, mais il faut les accompagner. On assiste à des infractions plus importantes qu'avant, quand les montagnards connaissaient tous les usages. » L'an dernier, 429 timbres-amendes ont été dressés par les agents du parc, qui préfèrent pourtant toujours la pédagogie à la répression.
La gestion de ce flux est d'autant plus décisive que le Parc national doit aussi s'adapter à un changement climatique inéluctable. Les Pyrénées perdent trois jours de gel et gagnent 4,9 jours d'été par décennie, vient de révéler l'étude transfrontalière Pyrenees4clima, à laquelle s'associe le Parc. La température moyenne annuelle a augmenté de 1,9 °C depuis 1959, et jusqu'à 2,7 °C en été, avec une hausse constante du nombre de nuits tropicales, celles où la température ne descend jamais en dessous de 20 °C entre le coucher et le lever du soleil.



