Le street artiste Nacle a peint dimanche 14 juin à Besançon une fresque monumentale sur la protection de l’enfance, représentant la justice enceinte. Réalisée sans autorisation, l’œuvre s’est attiré l’ire de la municipalité, qui a annoncé son effacement imminent.
Une fresque symbolique pour Lyhanna
Thémis enceinte, sa traditionnelle balance dans une main et un bébé dans l’autre : c’est l’illustration qu’a choisie de représenter le street artiste Nacle (@nacle_one) dans une fresque monumentale, dimanche 14 juin, à Besançon (Doubs). Ce graffiti, explique-t-il à nos confrères d’ICI Besançon, doit interpeller les passants sur la protection de l’enfance, alors que l’affaire Lyhanna bouleverse la France.
"Le seul message que je veux envoyer est de mettre des enfants aux côtés de la justice […] je ne suis pas là pour imposer un dogme ou une idéologie, je suis juste là pour interpeller les gens et les faire réagir à travers leurs émotions", assure le grapheur. Mais voilà : cette œuvre "poétique" sur laquelle l’artiste a travaillé pendant plus de 20 heures n’est pas au goût de la municipalité, qui a annoncé vouloir l’effacer dans les jours à venir.
La mairie justifie sa décision
Comment expliquer une telle décision ? Comme l’indique la municipalité, le mur sur lequel est réalisée la fresque, situé boulevard Diderot, sous la passerelle du lycée Saint-Joseph, n’est pas un mur d’expression libre. En outre, Nacle n’a demandé aucune autorisation.
"On ne peut pas tolérer que des artistes quels qu’ils soient, avec toute la bonne intention qui (peut) être la leur […] qu’ils puissent utiliser des murs qui ne sont pas destinés à ces effets-là", se justifie le maire de Besançon Ludovic Fagaut.
Le désarroi de l'artiste
Nacle, de son côté, ne cache pas son désarroi. "Il y a des tags et des graffitis sur des murs dans la rue, qui dérangent plus les gens que ça", souffle-t-il à nos confrères. Sur son compte Instagram, l’artiste a partagé une photo de son œuvre accompagnée du commentaire "elle sera effacée cette après-midi ou demain…"
Cette affaire relance le débat sur la place du street art dans l’espace public et sur les hommages artistiques non autorisés. Alors que la disparition de Lyhanna a ému la France entière, la fresque de Nacle visait à sensibiliser le public à la protection de l’enfance, mais son support non autorisé a conduit à une décision radicale de la mairie.



