Une entrée en fonction au Palais du Luxembourg
Le 20 avril, Sandra Paire est officiellement devenue sénatrice des Alpes-Maritimes. Conseillère municipale et communautaire de Menton, elle a dû renoncer à ses mandats locaux en raison de la loi sur le non-cumul des mandats. Dans un entretien accordé à Nice-Matin, elle détaille les coulisses de cette nomination et les sacrifices consentis pour « défendre au mieux les intérêts de la population » à une plus grande échelle.
Une décision mûrement réfléchie
Sandra Paire explique avoir appris sa nomination le 22 mars, lors d’un appel de Jean-Marc Délia, qui abandonnait son mandat de sénateur pour redevenir maire de Saint-Vallier-de-Thiey. « Ils auraient pu avoir la décence de m’en parler avant », confie-t-elle. Elle a ensuite consulté ses équipes pour déterminer où elle serait la plus utile.
Les motivations : des sujets essentiels
Ce qui a motivé Sandra Paire, ce sont les sujets qu’elle pourra aborder au Sénat : la santé mentale des jeunes, l’aide à mourir, les soins palliatifs. « Ce sont des sujets intéressants, essentiels même, qui concernent l’ensemble de la population », souligne-t-elle.
Immunité parlementaire et affaire judiciaire
Interrogée sur l’immunité parlementaire qui lui offre un sursis dans l’affaire de « prise illégale d’intérêt », elle se défend : « On me reproche d’être restée assise sur une chaise pendant le vote d’une délibération. Il n’y a pas eu d’enrichissement personnel. » Elle affirme ne pas se cacher derrière cette immunité et précise avoir déjà dépensé 32 000 euros de frais d’avocat depuis 2021.
Conservation de la Région et ancrage local
Sandra Paire a choisi de conserver son mandat régional, qui lui donne « une légitimité et des moyens d’agir concrètement ». Elle a notamment obtenu une subvention de 100 000 euros pour une maison d’assistante maternelle à Gorbio. Elle assure garder un ancrage local malgré son nouveau rôle national.
L’avenir de son groupe d’opposition
Concernant son groupe d’opposition à Menton, elle prévoit de réunir ses équipes pour définir une stratégie collégiale. « L’intérêt des Mentonnais sera toujours notre priorité », déclare-t-elle, répondant aux critiques de trahison après son alliance avec Louis Sarkozy.
Priorité : la santé mentale des jeunes
Lors de sa première intervention au Sénat le 28 avril, Sandra Paire a interpellé la ministre de la Santé sur la santé mentale des jeunes. Dans les Alpes-Maritimes, les passages aux urgences pédiatriques pour crises suicidaires ont augmenté de plus de 40 % entre 2019 et 2023. Elle propose de former des professionnels dans chaque école et de créer une plateforme territoriale unique de coordination.
Un mandat court mais intense
Avec des sénatoriales prévues en septembre, Sandra Paire compte travailler « 20 heures par jour s’il le faut » pour déposer des amendements et rencontrer des associations et des maires. « Je ne veux pas faire de la figuration », insiste-t-elle, affirmant vouloir être utile à la population des Alpes-Maritimes.



