États-Unis : suspension de l'envoi postal de la pilule abortive
États-Unis : suspension de l'envoi postal de la pilule abortive

Le droit à l’avortement subit un nouveau recul aux États-Unis. Une cour d’appel fédérale américaine a suspendu, vendredi 1er mai, l’envoi postal de la mifépristone sur l’ensemble du territoire. Cette pilule abortive est utilisée dans plus de 50 % des interruptions volontaires de grossesse (IVG) dans le pays. La décision fait suite à un recours déposé par l’État de Louisiane, qui a adopté l’une des législations les plus restrictives en matière d’avortement.

Un accès à l’IVG de plus en plus limité

Cette suspension s’inscrit dans la continuité de la révocation de l’arrêt Roe v. Wade en 2022, qui garantissait depuis 1973 le droit fédéral à l’avortement. Depuis, chaque État est libre de légiférer sur l’IVG. Une vingtaine d’États ont interdit ou strictement encadré l’avortement, qu’il soit médicamenteux ou chirurgical. La décision de la cour d’appel aggrave encore la situation en bloquant la télémédecine et l’expédition postale, deux options cruciales pour les femmes vivant dans des zones où l’accès à l’IVG est déjà limité.

Danco Laboratories saisit la Cour suprême

Danco Laboratories, l’un des deux distributeurs de mifépristone aux États-Unis, a annoncé son intention de saisir la Cour suprême en urgence. Dans un document déposé auprès du tribunal, la société demande un sursis administratif temporaire d’une semaine pour préparer son recours. Selon Danco, cette décision “sans précédent” provoquerait un “chaos immédiat” et une confusion pour les pharmacies et les patientes.

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La procureure générale de Louisiane, Liz Murrill, s’est félicitée de la décision sur X, y voyant une “victoire pour la vie”. L’organisation chrétienne conservatrice Alliance Defending Freedom (ADF) a également salué la suspension nationale de l’expédition postale de médicaments abortifs.

Réactions et conséquences

Nancy Northup, présidente du Center for Reproductive Rights, a dénoncé une décision qui “ne repose pas sur la science mais vise à rendre l’avortement aussi difficile, coûteux et inaccessible que possible”. De son côté, le ministre de la Santé, Robert Kennedy Jr, a engagé en 2025 une réévaluation de la sûreté de la mifépristone, qui n’a pas encore abouti.

Cette suspension intervient dans un contexte de restrictions croissantes de l’accès à l’IVG aux États-Unis. Depuis 2022, plusieurs États ont adopté des lois interdisant ou limitant sévèrement l’avortement, tandis que des organisations militantes et religieuses multiplient les actions en justice pour restreindre l’accès aux soins reproductifs.

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