Attal : 100 000 départs volontaires de fonctionnaires et zéro impunité budgétaire
Attal : 100 000 départs volontaires de fonctionnaires

Gabriel Attal, candidat à l'élection présidentielle de 2027, a présenté ce jeudi 2 juillet une mesure phare de son programme : le départ volontaire de 100 000 fonctionnaires sur cinq ans, couplé à une règle d'impunité budgétaire zéro. Cette annonce a été faite lors d'un déplacement à Nancy, en Meurthe-et-Moselle.

Un objectif de réduction des effectifs sans licenciement

L'ancien Premier ministre propose de réduire les effectifs de la fonction publique de 100 000 postes sur cinq ans, soit environ 20 000 par an. Cette réduction se ferait uniquement sur la base du volontariat, via des départs anticipés à la retraite ou des reconversions professionnelles. Attal exclut tout licenciement sec, affirmant que « l'État doit montrer l'exemple en matière de sobriété budgétaire ».

Selon son entourage, cette mesure permettrait d'économiser environ 2,5 milliards d'euros par an, soit 12,5 milliards sur la durée du quinquennat. Ces économies seraient réinvesties dans la transition écologique et la justice sociale.

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L'impunité budgétaire zéro : une règle stricte

Gabriel Attal propose également une règle d'impunité budgétaire zéro, qui imposerait à chaque ministère de respecter strictement ses crédits votés. En cas de dépassement, le ministre concerné serait sanctionné par une réduction de son budget l'année suivante. « Il n'y aura plus de chèques en blanc pour les ministères qui dérapent », a-t-il déclaré.

Cette règle s'inspire du mécanisme néerlandais et vise à responsabiliser les administrations. Attal souhaite l'appliquer dès 2028, avec un objectif de réduction du déficit public à 2 % du PIB en 2030.

Réactions mitigées

Les syndicats de fonctionnaires ont vivement critiqué cette proposition. « C'est une attaque frontale contre les services publics », a déclaré Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. « 100 000 suppressions, même volontaires, c'est 100 000 agents en moins pour assurer la continuité du service public. »

Du côté de la majorité présidentielle, les réactions sont plus nuancées. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a salué « une mesure courageuse » tout en rappelant que le gouvernement actuel a déjà réduit de 50 000 le nombre de fonctionnaires depuis 2017.

Un débat au sein de la droite

Cette proposition place Attal en concurrence directe avec Édouard Philippe, également candidat, qui propose une réduction plus modérée de 50 000 postes. « Il faut être réaliste : 100 000 départs volontaires, c'est difficilement atteignable sans dégradation des services », a commenté un proche de Philippe.

Attal assume ce chiffre ambitieux, estimant que « la France ne peut plus se permettre une fonction publique pléthorique ». Selon un sondage Elabe pour Les Échos, 68 % des Français se disent favorables à une réduction des effectifs de la fonction publique.

Calendrier et mise en œuvre

Si élu, Gabriel Attal prévoit de lancer cette réforme dès 2028, avec des mesures d'accompagnement pour les agents volontaires : prime de départ pouvant aller jusqu'à 50 000 euros, aides à la reconversion et formation professionnelle. Le coût total de ces mesures est estimé à 1,5 milliard d'euros, financé par les économies réalisées.

Le candidat espère ainsi réduire la dépense publique de 1 point de PIB d'ici 2032. « L'impunité budgétaire zéro, c'est la fin de la culture du dépassement systématique dans les ministères », a-t-il conclu.

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