À Paris, les artistes d'un squat « légal » menacés d'expulsion par la Ville
Artistes d'un squat légal menacés d'expulsion à Paris

Au 111, rue Saint-Honoré (Paris Ier), une tour du XVIIIe siècle abrite depuis 2002 un squat artistique devenu légal en 2005. Aujourd'hui, sept artistes y occupent des ateliers, mais la Ville de Paris leur demande de partir pour réaliser d'importants travaux de sécurisation. Une décision qui suscite l'incompréhension et la mobilisation.

Un lieu emblématique menacé

La Tour 111, adossée à la fontaine classée Croix du Trahoir, a d'abord servi aux fontainiers de Paris avant d'être le consulat d'Andorre. En 2002, des artistes investissent les lieux laissés à l'abandon. Trois ans plus tard, une convention d'occupation temporaire est signée avec la Ville, fixant un loyer trimestriel de 100 euros, jamais réévalué.

L'association Paris Centre Art, présidée par Maïlys Lamotte-Paulet, plasticienne de 34 ans, gère le lieu. Plus de 300 artistes ont signé une tribune de soutien dans Libération.

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Des travaux contestés

Depuis 2023, la mairie exige le départ des artistes pour des travaux de rénovation. « Des usages non conformes ne permettaient plus de garantir la sécurité », justifie la Ville. Mais les occupants contestent : « Ils ont fait un diagnostic pour un ravalement extérieur, mais ça ne justifie pas de nous mettre dehors », dénonce Chadine Amghar, plasticienne et trésorière.

En 2024, la Ville résilie la convention. L'association dépose un recours, mais le tribunal administratif de Paris valide la nécessité des travaux en janvier. Les artistes sont condamnés à quitter les lieux sans délai. Un état des lieux a eu lieu mi-mai, mais les locataires refusent de partir.

Un combat pour la place des artistes

« On va se battre pour rester, surtout si c'est pour en faire un énième lieu vide. C'est ça la ville de l'art ? », s'interroge Chadine Amghar. Louis Somveille, peintre, vient chaque jour travailler à deux pas du Louvre. « Les professionnels viennent facilement voir mon travail », souligne-t-il.

Les artistes, qui cumulent des jobs d'appoint, craignent de perdre leur atelier. « Si on nous met des bâtons dans les roues, on ne va pas y arriver », ajoute la plasticienne.

Des propositions jugées insuffisantes

La Ville affirme soutenir 1 200 artistes plasticiens dans des ateliers pérennes et propose 1 000 places en résidence par an. Mais les occupants de la Tour 111 estiment que les propositions ne correspondent pas à leur travail. Entre 2020 et 2022, une autre convention pour un monument historique leur avait été retirée pour travaux, sans qu'ils puissent réintégrer les lieux, désormais vides.

Les artistes espèrent des réponses lors d'un rendez-vous avec Florian Sitbon, adjoint à la culture, le 29 mai. En attendant, la Tour 111 ne participera pas à la Nuit Blanche cette année, ayant été déprogrammée.

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