Depuis trois ans, le comité des fêtes de la Saint-Pierre à Agde doit louer des bateaux de promenade pour la traditionnelle cérémonie en mer, car l'État a supprimé toutes les dérogations permettant d'embarquer du public sur les navires de pêche. Cette décision, qui concerne notamment les thoniers, a été confirmée lors d'une réunion en préfecture.
Un durcissement progressif
Les dérogations, qui autorisaient auparavant l'embarquement d'une quarantaine de personnes munies de gilets de sauvetage sur les thoniers, et de douze personnes supplémentaires sur les chalutiers, sont désormais totalement supprimées. Le maire d'Agde, Aurélien Lopez Liguori, regrette ce passage d'un régime d'exception à une interdiction pure et simple.
Réactions des acteurs locaux
Josy Buono, présidente du comité des fêtes, exprime son mécontentement : "Je suis fille, mère, tante de pêcheur et je ne fais pas ça de gaieté de cœur. Quelque part, cela ampute la fête." Elle souligne que plus aucun armateur ou comité ne veut engager sa responsabilité face à des procédures judiciaires croissantes.
Le maire d'Agde tente de mobiliser d'autres villes portuaires, comme Sète, pour une action commune, mais sans réponse pour l'instant. Il promet de monter au créneau et de tout faire pour déposer la gerbe de la mairie en mer à bord du bateau-boeuf L'Espérance.
Conséquences pour la profession
Cette décision intervient dans un contexte déjà difficile pour les pêcheurs, confrontés à la hausse du prix du carburant et aux quotas de pêche. La fête de la Saint-Pierre, qui se déroule début juillet, perd ainsi une de ses traditions les plus emblématiques.



