Quel régime minceur pour notre État obèse ?
Quel régime minceur pour notre État obèse ?

Dans un essai percutant, l'économiste Jean-Marc Daniel dresse un diagnostic sans concession de l'État français, qu'il qualifie d'« obèse ». Selon lui, l'accumulation de normes, de dépenses publiques et de dettes a transformé l'administration en un mastodonte inefficace. Il propose un « régime minceur » radical pour restaurer la compétitivité et la liberté d'action.

Un État hypertrophié

L'auteur rappelle que les dépenses publiques représentent aujourd'hui 57 % du PIB, contre 45 % en 1980. Cette progression s'accompagne d'une inflation réglementaire : le nombre de lois et décrets a explosé, paralysant l'initiative économique. « L'État est devenu un rouleau compresseur qui étouffe les entreprises et les citoyens », écrit-il.

Les symptômes de l'obésité étatique

  • Endettement record : plus de 3 000 milliards d'euros, soit 115 % du PIB.
  • Complexité administrative : 400 000 normes en vigueur, dont 50 000 nouvelles par an.
  • Fiscalité confiscatoire : taux de prélèvements obligatoires parmi les plus élevés d'Europe.

Un régime en trois phases

Pour sortir de cette impasse, Jean-Marc Daniel préconise une cure d'austérité ciblée. Première étape : réduire le nombre de fonctionnaires de 20 % sur cinq ans, via le non-remplacement des départs à la retraite. Deuxième étape : simplifier massivement les normes, en abrogeant une loi pour chaque nouvelle adoptée. Troisième étape : baisser les impôts de production pour stimuler l'investissement.

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L'économiste insiste sur la nécessité d'une réforme constitutionnelle pour encadrer les dépenses publiques, à l'instar du « frein à la dette » allemand. Sans cela, prévient-il, la France risque une crise de confiance sur les marchés financiers.

Des oppositions prévisibles

Les syndicats de fonctionnaires et une partie de la gauche dénoncent déjà ce qu'ils appellent un « démantèlement des services publics ». Mais pour Daniel, le statu quo est plus dangereux : « Un État obèse finit par ne plus pouvoir remplir ses missions essentielles. »

Le débat est lancé. Reste à savoir si le gouvernement actuel aura le courage politique de mettre en œuvre ce régime drastique, ou s'il préférera un traitement homéopathique qui, selon l'auteur, ne ferait que reporter l'échéance.

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