Le siège du gouvernement ukrainien a été la cible d'une attaque russe dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 septembre 2025, provoquant un incendie qui a ravagé le toit et les étages supérieurs de l'édifice. Cette escalade intervient alors que les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit piétinent.
Une attaque sans précédent sur le cœur du pouvoir
Pour la première fois depuis le début de l'invasion russe, le bâtiment abritant le conseil des ministres a été gravement endommagé. La Première ministre Ioulia Svyrydenko a posté sur Telegram des images montrant des flammes s'échappant de la façade de l'imposante bâtisse, située à proximité de la présidence et du Parlement. Des hélicoptères ont été dépêchés pour larguer de l'eau sur le toit en feu, tandis que de la fumée s'élevait dans le centre-ville de Kiev, selon un journaliste de l'AFP.
Les bombardements nocturnes, combinant drones et missiles, ont fait au moins deux morts et 18 blessés dans la capitale ukrainienne. Parmi les victimes, une fillette d'un an. Plusieurs immeubles résidentiels ont également été endommagés, ajoutant au bilan humain et matériel.
Appels à une réponse internationale ferme
« Le monde doit répondre à cette destruction non seulement par des mots, mais par des actions. Nous devons renforcer la pression des sanctions, principalement contre le pétrole et le gaz russes », a plaidé Ioulia Svyrydenko, réclamant également davantage d'armes pour l'Ukraine. Cette attaque rappelle celle de fin août, où une vague massive de drones et missiles avait fait plus de 25 morts et endommagé les locaux de la délégation de l'Union européenne ainsi que le bureau du British Council. Jusqu'à présent, les bâtiments officiels de la capitale avaient été relativement épargnés par les frappes quotidiennes qui touchent le territoire ukrainien depuis trois ans et demi.
Des frappes dans plusieurs régions
Dans la nuit de samedi à dimanche, d'autres régions ukrainiennes ont également été touchées. Dans la région de Dnipropetrovsk, le gouverneur militaire Serguiï Lyssak a signalé la mort d'un homme de 54 ans et des dégâts sur des infrastructures, lors d'une attaque mêlant drones et missiles. Les autorités locales ont également fait état d'une femme tuée par des bombes aériennes guidées dans la région de Zaporijjia (sud-est) dimanche matin, et d'un mort samedi soir dans la région frontalière de Soumy (nord-est). Les forces du Kremlin occupent désormais environ 20 % du territoire ukrainien.
Des négociations dans l'impasse
Les dernières semaines ont été marquées par une intense activité diplomatique. Le 15 août, un sommet entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine s'est tenu en Alaska, suivi d'une visite à Washington du président ukrainien Volodymyr Zelensky, accompagné de plusieurs dirigeants européens. Cependant, aucun progrès tangible n'a été enregistré, et la Russie rejette les appels au cessez-le-feu après trois ans et demi de conflit, le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Jeudi, vingt-six pays, essentiellement européens, se sont engagés à Paris à contribuer à des garanties de sécurité pour l'Ukraine, afin de prévenir une éventuelle nouvelle attaque russe après une hypothétique cessation des hostilités. Donald Trump a également annoncé qu'il s'entretiendrait bientôt avec Vladimir Poutine, sans plus de précisions.



