Hongrie : Viktor Orbán en difficulté face à Peter Magyar dans une élection sous haute tension
Hongrie : Orbán en difficulté face à Magyar dans une élection tendue

Hongrie : Viktor Orbán joue son siège dans des élections législatives sous haute tension

Soutenu par des figures de l'extrême droite mondiale comme Donald Trump et Marine Le Pen, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, 62 ans, affronte un défi électoral majeur lors des élections législatives. Après une campagne émaillée de coups tordus et de manipulations, le chef de gouvernement, au pouvoir depuis 2010, voit son autorité contestée par un rival issu de son propre parti, le Fidesz.

Un soutien américain inédit pour un phare de l'extrême droite

L'implication directe des États-Unis dans la campagne a marqué un tournant historique. Le vice-président américain J.D. Vance s'est rendu en Hongrie, un pays de 9,5 millions d'habitants, pour participer à un meeting électoral en soutien à Viktor Orbán, pourtant distancé dans les sondages. En pleine crise iranienne, Vance a même appelé Donald Trump au téléphone lors du rassemblement, soulignant l'importance stratégique de la Hongrie pour l'extrême droite mondiale.

« J'adore la Hongrie et j'adore Viktor, je vous le dis, c'est un homme fantastique », a déclaré Donald Trump, qui n'a jamais visité Budapest. Cette alliance dépasse les frontières, car la Russie suit également l'élection avec attention. Orbán est perçu comme un cheval de Troie au sein de l'Union européenne, bloquant actuellement un prêt de 90 milliards d'euros accordé à l'Ukraine par les Vingt-sept.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Campagne de désinformation et accusations d'ingérence russe

Budapest, autrefois centre de l'attention, est devenue un nid d'espions selon les partisans de Peter Magyar, le jeune rival de 45 ans d'Orbán. Magyar, issu du Fidesz et favori des sondages, accuse une équipe du renseignement militaire russe d'avoir orchestré une série de manipulations impressionnantes :

  • Des « fakes » créés par intelligence artificielle montrant Magyar annonçant une baisse des pensions de retraite.
  • Un faux projet de hausse des impôts attribué à son parti, Tisza.
  • Des allégations de violence conjugale impliquant son ex-femme.
  • Une infiltration dans le système informatique du Tisza.
  • Une « sextape » annoncée mais jamais diffusée.

La lutte a mal tourné pour Orbán avec des défections qui révèlent des fissures dans son pouvoir. Un policier, Bence Szabó, a dénoncé les opérations informatiques, affirmant qu'une ex-amie de Magyar avait été recrutée pour 13 000 euros par mois pour recueillir des informations et tourner la sextape. Poursuivi pour avoir parlé, une cagnotte en ligne a collecté 730 000 euros pour sa défense.

Révélations accablantes et mobilisation populaire

Un militaire hongrois a ensuite dénoncé l'état désastreux de la troupe et des équipées africaines du fils Orbán, accusé de sacrifier des soldats. Mais c'est la publication d'enregistrements du ministre des Affaires étrangères, Péter Szijjarto, qui s'est avérée la plus accablante. Sur une écoute téléphonique d'août 2024, il déclare à son homologue russe Sergueï Lavrov : « Je suis à votre disposition », promettant d'agir contre les sanctions européennes.

Le journaliste Szabolcs Panyi, auteur de cette révélation, fait face à des poursuites pour « espionnage ». Fin mars, Orbán a tenté une diversion en accusant Kiev d'une prétendue découverte d'explosifs en Serbie, mais l'armée serbe a blanchi l'Ukraine, dégonflant l'alerte.

Un pays en échec économique et social

Partout en Hongrie, Orbán est hué aux cris de « Ruszkik haza ! » (« Les Russes, retournez chez vous ! ») ou « mocskos Fidesz ! » (« Fidesz, saloperie ! »). Au-delà des diversions, le pays est en échec économique et social, avec une population appauvrie. Budapest, dotée d'un maire écologiste, a déjà symboliquement enterré le régime avec un énorme concert pour la « fin du régime » sur la place des Héros.

Pour Peter Magyar, faire chuter un rival aussi puissant et autoritaire seulement deux ans après avoir créé son parti serait un exploit retentissant, qui résonnerait jusqu'à Washington et marquerait les sciences politiques.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale