Brigitte Macron et les premières dames : confidences sur leur solitude
Brigitte Macron et les premières dames : leur solitude

Dimanche, Brigitte Macron s'est épanchée sur la mélancolie qu'elle a parfois pu ressentir dans son rôle de première dame. « Je suis parfois triste comme jamais je ne l'avais été », a-t-elle déclaré à La Tribune Dimanche. Après neuf années à l'Élysée, l'épouse d'Emmanuel Macron a confié qu'il lui était « parfois difficile de voir le ciel bleu ». Elle n'est pas la seule. Les Premières dames ont été nombreuses à confier - parfois à demi-mot - leur solitude, leur tristesse ou leur malaise dans ce rôle tout particulier. Tour d'horizon.

Valérie Trierweiler (2012-2014)

L'ancienne journaliste Valérie Trierweiler a partagé la vie de François Hollande de 2005 à 2014 et vécu à l'Élysée entre 2012 et 2014. Sur France 3, elle comparait l'Élysée à une « prison dorée ». « Je sais que ça peut être compliqué à comprendre pour les Français mais malgré les dorures, malgré la vie facile - sans avoir à faire de courses ni à cuisiner - on finit par s'apercevoir que les tâches ménagères sont un plaisir. Quand on vous enlève tout, on vous vole votre vie. Pour moi, la vie de première dame n'était pas la vie rêvée. »

Lorsque le magazine Closer dévoile la liaison secrète du président socialiste avec l'actrice Julie Gayet, le scandale s'étale en Une des journaux du monde entier. La première dame est hospitalisée dans un hôpital parisien. Plus tard, dans son livre Merci pour ce moment, elle décrira une scène qui s'apparente à une tentative de suicide. « Les photos ont fait le tour du monde alors que j'étais à l'hôpital, sous tranquillisants. Et l'homme que j'aimais a rompu avec moi par un communiqué de dix-huit mots qu'il a dicté lui-même à l'AFP, comme s'il traitait une affaire d'État », déplore-t-elle.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Cécilia Sarkozy (mai-octobre 2007)

On dit que c'est elle « qui a donné une dimension glamour, rebelle et imprévisible à la fonction ». En 2005, Cécilia Attias (alors Sarkozy) avait pourtant confié à Télé Star : « Je ne me vois pas en First lady. Cela me rase. Je ne suis pas politiquement correcte. Je me balade en jean, en treillis ou en santiags. Je ne rentre pas dans le moule. » Elle n'a passé que quelques mois dans son rôle de première dame avant son divorce, peu après le début du mandat de Nicolas Sarkozy.

Durant ce court laps de temps, elle sèche de nombreux évènements. Lors du sommet du G8 en Allemagne, elle refuse de participer au « programme des épouses » et préfère rentrer en France pour préparer l'anniversaire de sa fille. Quelques semaines plus tard, elle refuse une invitation à déjeuner de George W. Bush, sous prétexte d'une angine, mais des journalistes la croisent en vacances, en train de se promener avec des proches. Alors que cette séparation est présentée par certains comme un exemple d'indépendance, Cécilia Attias répond : « Ce n'était pas du courage, c'était ce qu'il fallait faire pour être en accord avec moi-même ».

Anne-Aymone Giscard (1974-1981)

L'épouse de Valéry Giscard d'Estaing a été première dame durant sept années, de 1974 à 1981. Souvent présentée comme discrète et timide, elle a subi les moqueries après ses vœux de bonne année, particulièrement crispés, en 1976. Sans pour autant parler de « souffrance » dans le rôle de première dame, Anne-Aymone Giscard, aujourd'hui âgée de 93 ans, a accueilli avec soulagement la fin de ce septennat.

« Le poids des obligations officielles, c'est vraiment quelque chose de lourd. Certaines activités ne sont pas très drôles tous les jours. L'idée de refaire la même chose pendant encore sept ans, c'est éprouvant. Quand je pense aux malheureuses souveraines, en Angleterre, aux Pays-Bas ou au Danemark qui ont cela à vie, je ne les envie pas », expliquait-elle dans le livre de Bertrand Meyer-Stabley sorti en 1987, Les dames de l'Élysée : celles d'hier et de demain. Elle n'a d'ailleurs jamais résidé à l'Élysée.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Betty Ford (1974-1977)

Outre-Atlantique, la First Lady Betty Ford a été propulsée dans ce rôle à la suite du scandale du Watergate qui a poussé Richard Nixon à la démission. Gerald Ford, son époux, est alors promu à la tête des États-Unis. Dans son ouvrage Betty : A Glad Awakening (1987), elle se confiait sur la carrière politique de son conjoint : « d'un côté, j'aimais être "la femme de" ; de l'autre, j'étais convaincue que plus [Gerald] gagnait en importance, plus j'en perdais moi-même. »

Betty Ford a développé une addiction aux médicaments, ainsi qu'à l'alcool dans les années 1960. Son combat contre l'addiction, mais aussi contre un cancer du sein, a fait d'elle l'une des Premières dames des États-Unis les plus considérées pour sa résilience.

Pat Nixon (1969-1974)

Avant Betty Ford, Pat Nixon a prononcé l'une des formules les plus célèbres sur ce rôle : « Être première dame est le métier non rémunéré le plus difficile au monde. » S'il existe de nombreux emplois non rémunérés particulièrement difficiles (notamment mère de famille), les First Lady sont surdiplômées mais forcées de vivre dans l'ombre de leur époux. Patricia Nixon a multiplié les emplois, en parallèle de ses études, avant de devenir première dame. « J'ai sacrifié tout ce qui m'était cher dans la vie pour faire avancer la carrière politique de mon mari », déclare-t-elle.

Après un rendez-vous entre sa fille et le député Barry Goldwater Jr., un journaliste a demandé à Pat Nixon si elle aimerait que sa fille épouse un homme politique. « Je serais désolée pour elle », a-t-elle répondu. Après quelques secondes de silence gêné, l'un des intervenants l'a relancée d'une voix hésitante. « Mais vous avez eu une belle vie, non ? » Et l'ancienne première dame de répondre : « Je ne raconte pas tout, c'est tout. »