Le Parti socialiste lance une réflexion approfondie sur l'avenir du socialisme
Le Parti socialiste a officiellement présenté, ce mercredi 22 avril, un projet ambitieux destiné à redéfinir les contours du socialisme pour le XXIe siècle. Ce document de 144 pages, rédigé sous la direction de la députée européenne Chloé Ridel, proche du premier secrétaire Olivier Faure, s'articule principalement autour du concept de liberté et propose des mesures économiques significatives, notamment une augmentation du Smic. L'objectif déclaré est de fournir une identité politique durable au parti, au-delà de la simple perspective de l'élection présidentielle de 2027.
Un texte appelé à évoluer avec la consultation des militants
Ce projet n'est pas figé ; il doit être enrichi et amendé par les militants du PS dans les six semaines à venir, en vue d'un vote prévu avant l'été. Bien que tous les courants internes du parti aient été associés à sa rédaction, des tensions sont apparues lors d'un bureau national tenu mardi soir. Les opposants à Olivier Faure ont critiqué le fait que ce document ait été dévoilé à la presse avant même que la base militante n'ait été consultée, soulignant des divergences sur la méthode.
Repenser la social-démocratie face aux défis contemporains
Le texte part d'un constat sévère : le modèle de la social-démocratie, bien qu'ayant permis des progrès sociaux notables, est jugé insuffisant. Il n'a pas, selon le document, pris en compte les limites planétaires, n'a pas effacé les inégalités entre les femmes et les hommes ni les discriminations racistes, et s'est progressivement fissuré sous l'effet de la mondialisation libérale. Le PS estime donc que ce modèle doit être dépassé pour faire face aux enjeux actuels.
La liberté comme pierre angulaire et une réponse à Mélenchon
Chloé Ridel a insisté sur la centralité de la notion de liberté dans ce projet. Le PS ambitionne de « reprendre à la droite et l'extrême droite » ce concept, qu'il considère comme ayant été « défiguré » par ces forces politiques. Par ailleurs, le texte se veut une réponse directe à Jean-Luc Mélenchon, accusé de vouloir opposer une « ancienne France » à une « nouvelle France ». À l'inverse, le Parti socialiste prône la réconciliation des Français à travers des politiques de justice radicales.
Des mesures économiques et sociales concrètes
Le projet égrène une série de propositions phares, bien que non chiffrées dans leur intégralité à ce stade :
- Rehaussement du Smic à 1 690 euros net.
- Instauration de la taxe Zucman, un impôt de 2% sur le patrimoine des fortunes dépassant 100 millions d'euros.
- Création d'un impôt sur les grandes successions, au-delà de 200 000 euros.
- Abrogation de la réforme Borne sur les retraites et maintien d'un régime par répartition, avec une durée de cotisation fixée à 43 annuités, adaptable selon la pénibilité, et un âge légal de départ ramené à 62 ans, sans que ce critère ne soit central.
Ces mesures s'inscrivent dans une volonté plus large de justice fiscale, de réforme démocratique, de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et l'islamophobie, ainsi que de défense des services publics et des transports.



