Les Jeunes Socialistes ont adopté dimanche à 84 % une motion appelant à la constitution d'un « Front populaire » et à « un processus démocratique de primaire » pour l'élection présidentielle de 2027, ont-ils indiqué lundi dans un communiqué. Cette initiative s'inscrit dans la lignée du premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, qui plaide depuis plusieurs semaines pour une primaire de la gauche et des écologistes.
Un appel à l'unité par la démocratie
Selon la motion adoptée par le Conseil National des Jeunes Socialistes, « seule une méthode ouverte et démocratique peut légitimer une candidature commune capable de rassembler largement et de porter un programme partagé de gouvernement ». Les jeunes socialistes estiment également que la primaire est « une condition nécessaire pour susciter l'adhésion citoyenne et engager une dynamique populaire au-delà des querelles d'appareil ».
Les Jeunes Socialistes, qui revendiquent 6 000 adhérents, se positionnent ainsi en faveur d'un processus de sélection transparent, espérant dépasser les divisions internes et construire une alternative crédible pour 2027.
Des oppositions internes et externes
Cette motion va dans le sens d'Olivier Faure, mais se heurte à une opposition au sein même du PS. Plusieurs cadres du parti refusent l'idée d'une primaire, tout comme le leader de Place publique, Raphaël Glucksmann. Ce dernier privilégie une candidature imposée par les sondages, sans passer par une consultation ouverte.
Pour tenter de convaincre Glucksmann, Olivier Faure a proposé une primaire en deux temps : d'abord, la désignation d'un candidat de l'arc social-démocrate (PS et Place publique), qui participerait ensuite à une primaire élargie incluant notamment la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, et les députés ex-insoumis François Ruffin et Clémentine Autain. Cette proposition n'a pour l'instant pas abouti.
Un enjeu pour la gauche
La question de la primaire divise la gauche française à moins de deux ans de l'élection présidentielle. Pour ses partisans, elle est le seul moyen de rassembler au-delà des clivages partisans et de mobiliser les citoyens. Pour ses détracteurs, elle risque d'affaiblir le camp progressiste en exposant ses divisions. Le débat reste ouvert, mais la motion des Jeunes Socialistes marque une étape supplémentaire dans la pression exercée sur les dirigeants pour organiser une consultation populaire.



