Olivier Faure et la primaire de la gauche : un projet enlisé dans les dissensions
À vrai dire, Olivier Faure avait d'autres plans que cette primaire enlisée à gauche. Selon ses proches, il aurait jadis préféré un programme commun et une répartition des rôles au sein d'une architecture gouvernementale prédéfinie, plutôt que ce scrutin conflictuel. Olivier, ce n'est pas Miss France la présidentielle !, s'est gentiment moqué son ami Pierre Jouvet en petit comité, illustrant le scepticisme ambiant.
La crainte d'une primaire oxymore
Le gardien de la vieille maison socialiste n'a jamais caché sa crainte que la primaire unitaire ne devienne un oxymore, se transformant en une primaire où tous se tapent dessus, comme il le chuchotait déjà à l'été. D'ailleurs, Olivier Faure n'a jamais jugé nécessaire l'organisation d'un débat entre les candidats, préférant œuvrer pour une désignation la plus consensuelle possible.
Il a ainsi poussé pour qu'un présidentiable soit désigné par vote préférentiel, c'est-à-dire par classement, une modalité qui favorise souvent les candidats constants à la deuxième place. Une approche parfaite pour Olivier Faure, qui ne veut pas se limiter à être le mécano de la gauche plurielle, rappelant que le socialisme n'est pas un pacifisme béat.
Les soutiens qui fondent comme neige au soleil
Autour de lui, les soutiens à la primaire fondent rapidement. Le président du département de la Haute-Garonne, Sébastien Vincini, a tiré le premier, semant le doute. Pierre Jouvet a dû rassurer la garante du processus, Lucie Castets, en affirmant que cette sortie n'engageait que son auteur. Mais le découragement se propage comme un virus contagieux chez les fauristes.
Luc Broussy, président du parlement interne du parti, admet aujourd'hui : Qui croit qu'il y aura, le 11 octobre, 2 millions de votants pour la primaire unitaire ? On a lancé l'idée. Elle ne semble pas fonctionner. Trouvons une autre méthode. Cette déclaration souligne l'impasse grandissante.
Olivier Faure demeure publiquement insondable, même s'il a rassuré Lucie Castets lors de l'hommage à Lionel Jospin aux Invalides. La situation révèle les profondes tensions au sein de la gauche, où la quête d'unité se heurte aux réalités politiques et aux egos.



