Quand l'histoire du dernier quinquennat socialiste a-t-elle été soldée ? Peut-être un mardi matin de motion de censure, en cette fin d'année 2025. Huis clos d'un second inventaire. En réunion de groupe, les députés socialistes débattent de l'avenir du Premier ministre. Les questions fusent. Faut-il renvoyer Sébastien Lecornu ? Le maintenir, au contraire, au risque d'apparaître à nouveau comme la béquille du gouvernement ? Une majorité du groupe pousse au compromis. Une législature peut changer des hommes : le temps a fait son œuvre et les anciens - ceux qui jadis firent vaciller leur propre gouvernement lors de la Loi Travail (2016) - s'assagissent, embrassent le compromis.
Face à eux, une nouvelle génération, à l'aile gauche, se rebiffe. "Je vous parle en tant qu'ancien frondeur…" Laurent Baumel tente alors de trouver les mots pour raisonner les rebelles. Le parlementaire d'Indre-et-Loire en prononce un, tabou : "frondeur". Une première en présence de l'éléphant dans la pièce. Silence. Il poursuit, fustige ce funeste mandat où "ce genre de débats complexes étaient impossibles au groupe". Silence brisé. "Alors moi, je n'étais pas au groupe !", ironise le député François Hollande. Crever l'abcès, est-ce le prix de la rédemption ?


