Le conseil municipal de Nîmes, réuni ce samedi 4 juillet, a été marqué par l'adoption de plusieurs mesures sociales emblématiques et par un duel politique virulent entre le maire Vincent Bouget et son opposant RN Julien Sanchez. Dès son propos liminaire, Vincent Bouget a transformé la salle des mariages en ring de boxe, reprochant à Julien Sanchez une tribune dans le dernier journal municipal, qu'il qualifie d'« instrumentalisation de l'histoire », ainsi que des questions orales et amendements envoyés hors délai. Le maire a accepté d'y répondre, mais a prévenu : « ce sera la première et la dernière fois ».
Gratuité des bibliothèques et des musées
Parmi les mesures phares adoptées à l'unanimité figure la gratuité universelle de l'inscription dans le réseau des bibliothèques de Nîmes. Vincent Bouget a expliqué que cette décision « doit permettre de rendre la lecture publique plus accessible, en supprimant le barrage du rapport financier à la culture ». Les amendes monétaires pour retard ou dégradation sont remplacées par des suspensions ou exclusions du service de prêt. Le LR Franck Proust a salué la mesure, notant que la perte de recettes, un peu plus de 70 000 €, sera compensée par les économies réalisées sur la gestion du service. « Voyez, la culture rassemble », a commenté le maire.
L'extension de la gratuité des musées des beaux-arts, d'histoire naturelle et du Vieux-Nîmes aux scolaires, enseignants, étudiants et demandeurs d'emploi a également été votée. La somme économisée, « un peu plus de 40 000 € », reste surtout symbolique.
Déprécarisation des personnels vacataires
Autre mesure sociale : la « déprécarisation » de près de 100 personnels vacataires dans les écoles, jusqu'alors en CDD, qui intégreront pleinement les effectifs de la commune. Vincent Bouget a précisé que cela leur permettra « d'avoir un salaire lissé sur douze mois ». Maxime Jegat, pour le RN, a regretté que la plupart de ces agents (accompagnateurs de temps périscolaire ou Atsem) ne travaillent qu'à mi-temps, rendant « difficile de parler de déprécarisation avec la moitié d'un Smic ». Le maire a rétorqué que c'était « un premier pas » et que les Atsem seraient désormais libérés des tâches ménagères pour « se consacrer exclusivement aux enfants ».
Création d'un conseil local de santé mentale
Les élus ont également adopté à l'unanimité la création d'un conseil local de santé mentale. L'adjoint Olivier Benezet a expliqué que cette instance doit répondre à « un enjeu majeur de santé publique, de cohésion sociale et de qualité de vie », dépassant le champ des troubles psychiatriques. Elle réunira des acteurs de tous domaines autour de deux axes : améliorer la prise en charge des personnes souffrant de troubles psychiatriques et apporter des réponses aux souffrances psychiques liées à l'isolement social, aux addictions ou aux difficultés d'accès aux soins. Même Julien Sanchez a applaudi, tout en espérant que « cette acceptation de l'autre vienne jusqu'en conseil municipal et que la parole soit donnée à l'opposition ».
Tensions persistantes avec le RN
L'opposition RN a tenté de contre-attaquer sur des subventions et des aides financières aux associations, demandant des votes séparés. La fin du conseil a été animée par une question sur la mise à disposition des équipements sportifs à la communauté musulmane lors des fêtes religieuses. Julien Sanchez a accusé la majorité de privilégier une religion. Vincent Bouget a répliqué : « On a compris qu'avec vous, à la fin, c'est toujours sur les musulmans que ça tombe ». Les deux groupes de droite ont compté les points, tandis que le maire et son opposant poursuivent leur duel politique.



