Merz sauve sa coalition mais affronte des vents hostiles
Merz sauve sa coalition mais affronte des vents hostiles

Le chancelier allemand Friedrich Merz a réussi à préserver sa coalition gouvernementale, mais il se prépare à affronter de nouveaux vents hostiles. Après des semaines de tensions, un accord de dernière minute a été trouvé avec les partenaires de la coalition, évitant ainsi une dissolution du gouvernement. Selon des sources proches de la chancellerie, l'accord prévoit des concessions sur les dépenses sociales et une réforme fiscale modeste.

Un sauvetage in extremis

La coalition, formée par l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le Parti libéral-démocrate (FDP) et les Verts, était au bord de l'effondrement en raison de désaccords sur le budget 2026. Merz a dû négocier pendant 72 heures pour obtenir le soutien nécessaire. Le compromis inclut une augmentation de 5 % des dépenses de défense, une mesure défendue par le FDP, tandis que les Verts ont obtenu des engagements sur les énergies renouvelables.

Une opposition renforcée

Malgré ce répit, Merz fait face à une opposition de plus en plus virulente. Le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) a gagné 8 points dans les sondages depuis le début de l'année, atteignant 22 % d'intentions de vote. De son côté, le Parti social-démocrate (SPD) critique le manque d'ambition sociale du gouvernement. « Merz a sauvé sa coalition, mais il a perdu la confiance des Allemands les plus vulnérables », a déclaré le secrétaire général du SPD, Kevin Kühnert.

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Des défis économiques pressants

L'économie allemande est en récession, avec une contraction du PIB de 0,3 % au premier trimestre 2026. Le chômage a augmenté de 0,5 point pour atteindre 6,2 %. Les industriels réclament des mesures d'urgence pour soutenir la filière automobile, confrontée à la concurrence chinoise. Selon l'institut Ifo, le climat des affaires est au plus bas depuis 2020. Merz a promis un plan de relance de 50 milliards d'euros, mais son adoption est incertaine face aux divisions de la coalition.

Une coalition fragile

Les tensions internes persistent. Le FDP exige une réduction des impôts pour les entreprises, tandis que les Verts insistent sur des investissements verts. « La coalition est sauvée pour l'instant, mais chaque vote est une épreuve », confie un député CDU sous couvert d'anonymat. Merz devra également gérer les critiques de sa propre aile droite, qui juge les concessions trop importantes.

Une popularité en berne

La cote de popularité de Merz est tombée à 34 %, son plus bas niveau depuis son arrivée au pouvoir. Une enquête de l'institut Forsa montre que 58 % des Allemands estiment que le gouvernement ne répond pas aux défis du pays. Les prochaines élections régionales en Bavière et en Hesse, prévues en septembre, seront un test crucial pour la coalition.

Quelles perspectives ?

Merz mise sur une reprise économique au second semestre pour regagner du terrain. Mais les analystes restent prudents. « La coalition est en sursis. Sans un choc positif, elle risque de ne pas tenir jusqu'aux prochaines élections fédérales de 2027 », estime le politologue Gero Neugebauer de l'université libre de Berlin. En attendant, le chancelier devra naviguer entre les exigences de ses partenaires et les attentes d'un électorat de plus en plus mécontent.

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