Marine Tondelier, secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts (EELV), a exprimé sa colère ce jeudi 1er mai 2026 contre la position de François Ruffin, député de la Somme, sur l'immigration de travail. Dans un entretien accordé à nos confrères du Monde, Tondelier a estimé que les déclarations de Ruffin étaient « irresponsables » et « dangereuses pour l'unité de la gauche ».
Une position qui divise
François Ruffin, figure de la France insoumise, avait récemment pris position en faveur d'une régulation plus stricte de l'immigration de travail, arguant que cela permettait de protéger les travailleurs français et de lutter contre le dumping social. Il avait notamment déclaré : « On ne peut pas ouvrir les vannes à une immigration de travail qui fait baisser les salaires et détruit les droits sociaux. »
La réaction de Marine Tondelier
Marine Tondelier a vivement réagi à ces propos. « Je suis en colère, car cette position est en totale contradiction avec les valeurs de la gauche », a-t-elle affirmé. Selon elle, François Ruffin « tombe dans le piège de l'extrême droite en faisant un lien entre immigration et précarité ». Elle a rappelé que l'immigration de travail est souvent une solution pour les entreprises qui peinent à recruter, et qu'il faut plutôt « s'attaquer aux causes de la précarité, c'est-à-dire aux politiques d'austérité et aux choix des grands groupes ».
Tondelier a également souligné que la gauche doit « porter un discours d'accueil et de solidarité », et non « céder aux sirènes du repli identitaire ». Elle a appelé à un débat de fond au sein de la gauche sur la question migratoire, sans tomber dans la « surenchère sécuritaire ».
Les réactions au sein de la gauche
Les propos de Marine Tondelier ont suscité des réactions contrastées. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a pris la défense de François Ruffin, estimant que sa position était « légitime » et qu'il ne s'agissait pas de « stigmatiser les immigrés, mais de réguler un système qui profite aux patrons ». De son côté, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a appelé au calme et à la « responsabilité », jugeant que les divergences devaient être discutées « en interne, pas dans la presse ».
Plusieurs associations de défense des migrants ont également réagi, dénonçant une « dérive dangereuse » de la part de François Ruffin. « C'est un glissement vers des positions que l'on croyait réservées à l'extrême droite », a déclaré le président de la Cimade.
Un débat qui s'annonce houleux
Ce différend intervient alors que la gauche tente de se reconstruire après les élections législatives de 2024. Les divergences sur l'immigration pourraient compromettre les efforts d'unification. Marine Tondelier a prévenu : « Si nous ne parvenons pas à trouver une position commune sur ce sujet, nous risquons de perdre notre crédibilité auprès des électeurs. »
François Ruffin, de son côté, n'a pas souhaité répondre directement aux critiques, mais a indiqué dans un communiqué qu'il maintenait sa position et qu'il était « ouvert au débat ».
La question de l'immigration de travail reste donc un sujet brûlant au sein de la gauche française, et cette polémique risque de laisser des traces.



