Ce mercredi 6 mai, les préfets de Nouvelle-Aquitaine se sont réunis au Pays basque à l'occasion d'une opération de contrôle des flux migratoires à la frontière franco-espagnole. Pendant deux jours, du mercredi 6 au jeudi 7 mai, policiers, CRS, gendarmes, douaniers et militaires sont postés sur 33 points stratégiques, dont 18 au niveau de la frontière franco-espagnole, pour une vaste opération de contrôle des flux migratoires. Il s'agit de la sixième opération de cette envergure depuis la promulgation de la loi pour contrôler l'immigration et améliorer l'intégration, en janvier 2024. Au total, 1 100 agents sont mobilisés pour ces contrôles menés sur les autoroutes, les routes départementales, dans les gares, les aéroports et dans les entreprises, avec l'aide des Comités opérationnels départementaux antifraude (Codaf).
Réunion des préfets à Hendaye
Ce mercredi matin, à la direction interdépartementale de la police aux frontières à Hendaye, qui concentre 85 % du trafic migratoire de Nouvelle-Aquitaine, les préfets des 12 départements de la région se sont rassemblés pour une réunion sur l'immigration, dans le cadre d'un comité d'administration régionale, présidé par le préfet de la région, Étienne Guyot. Ils ont ensuite fait un point avec l'ensemble des services régionaux sur les questions d'intégration.
Baisse de 40 % des flux
En 2025, 35 000 personnes ont été contrôlées dans la région, dont 554 étrangers en situation irrégulière. 151 obligations de quitter le territoire français (OQTF) ont été exécutées, 120 personnes renvoyées en Espagne et 50 personnes placées en centre de rétention administratif (CRA). Le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Jean-Marie Girier, a affirmé que « les flux migratoires ont diminué de 40 % l'année dernière dans le sens Espagne-France, avec une baisse de 8 % des interceptions de personnes en situation irrégulière ». Il a mis en avant l'installation de la Force frontières, la Cellule d'échange sur le trafic de migrants (Certim) et la mobilisation quotidienne des agents comme la police aux frontières (PAF), qui ont permis d'intercepter 3 784 étrangers à la frontière.
L'Espagne renvoie des étrangers
« Cette baisse du flux s'explique par l'action menée par l'Union européenne et notamment Frontex sur les pays d'origine, notamment les départs de Mauritanie en direction des Canaries. Ces dernières années, le flux en direction de l'Espagne avait été multiplié par deux. On était à 70 000 entrées sur le territoire espagnol avec des départs d'Afrique, qui circulaient ensuite en Europe », précise Jean-Marie Girier. La plupart des migrants sont des Algériens et des Marocains. Un fort afflux d'Indo-Pakistanais avait été constaté en 2025. Cette année, ce sont les populations guinéennes et soudanaises qui arrivent majoritairement, en raison de la situation politique très tendue dans leur pays.
La préfecture observe un phénomène nouveau : les flux migratoires dans le sens Nord-Sud, « en raison des annonces de régularisations avec des étrangers qui souhaitent rejoindre l'Espagne », explique le préfet. Cela a conduit l'Espagne à renforcer ses contrôles. Depuis le début de l'année, nos voisins ont ainsi renvoyé 500 étrangers en situation irrégulière en France, contre 60 l'année dernière.



