La naturalisation de George Clooney relance le débat sur l'équité des procédures
L'annonce de l'obtention de la nationalité française par George Clooney, son épouse Amal et leurs deux enfants, via un décret de naturalisation publié au Journal officiel le 27 décembre, a provoqué une vague de réactions et d'interrogations. Cette décision administrative soulève notamment des questions sur l'application uniforme des critères d'éligibilité à la citoyenneté française.
Des critères d'obtention remis en question
La ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, invitée sur France Info le 31 décembre, a exprimé des réserves personnelles. Elle a déclaré : « Je ne m'engage qu'à titre personnel, j'aimerais connaître et je vais voir l'entièreté de la procédure, parce que je pense que ce n'est pas le bon message qui est envoyé ». Elle a insisté sur l'importance de l'équité, ajoutant : « Il faut faire attention au message qu'on peut envoyer. Il y a un sujet d'équité qui est absolument essentiel ».
En effet, plusieurs éléments semblent contredire les conditions habituelles. Pour obtenir la nationalité française, il est nécessaire de maîtriser la langue française, évaluée lors d'un entretien en préfecture. Or, George Clooney a avoué sur RTL début décembre : « être toujours aussi mauvais après 400 jours de cours ». De plus, la résidence légale en France depuis cinq ans est requise, mais le couple Clooney n'a acheté sa propriété à Brignoles, dans le Var, qu'en 2021, soit moins de cinq ans avant la naturalisation.
Des réactions politiques et médiatiques contrastées
Sabrina Agresti-Roubache, ancienne secrétaire d'État chargée de la Citoyenneté, défend la décision en mettant en avant le rayonnement de la France. Elle explique sur BFMTV : « On parle du rayonnement de la France ! Quand vous donnez la nationalité à une personnalité comme George Clooney, c'est une chance. Notre pays attire, c'est bien en termes d'images, tout ne va pas si mal dans notre pays ».
Le maire de Brignoles, Didier Brémond, se réjouit également, affirmant que cette naturalisation est bénéfique pour la commune. Cependant, il reconnaît : « Je ne crois pas que ce soit inquiétant pour la population » si l'acteur a bénéficié d'un passe-droit. Antoine Diers, ancien directeur adjoint de la stratégie de campagne d'Éric Zemmour, exprime son enthousiasme sur RMC : « Enfin une immigration qui ramène de l'argent dans notre pays, une immigration de qualité ! ».
Un manque de transparence pointé du doigt
L'avocat Vincent Brengarth, spécialiste des libertés fondamentales, estime sur BFM que la naturalisation peut être accordée pour un intérêt national, avec une appréciation subjective des conditions. Il évoque néanmoins un manque de transparence concernant les motivations de l'administration et les critères retenus pour le dossier Clooney.
George Clooney a justifié son choix par des raisons familiales, expliquant à Esquire en octobre : « J'étais inquiet à l'idée d'élever nos enfants à Los Angeles, dans la culture hollywoodienne. Je ne veux pas qu'ils vivent dans la crainte des paparazzis ». Alain Marshall, présentateur des Grandes Gueules, s'interroge sur cette distinction, demandant à Antoine Diers : « Tu fais ton tri, il y a les bons immigrés et les mauvais immigrés ? », ce à quoi ce dernier a acquiescé.
Cette affaire met en lumière une perception de double standard dans les procédures d'immigration, où la célébrité et l'influence semblent parfois primer sur les critères établis, suscitant un débat plus large sur l'équité et la transparence dans l'attribution de la nationalité française.



