Une famille afghane menacée d'expulsion à Alès : les enseignants se mobilisent
À Alès, dans le Gard, une famille afghane composée des parents et de cinq enfants vit dans l'angoisse d'une obligation de quitter le territoire français. Installée depuis janvier 2025, cette famille a fui l'Afghanistan en septembre 2022 pour échapper aux talibans et chercher un avenir meilleur en Europe. Adeeba, la fille aînée âgée de 19 ans, scolarisée au lycée Pasteur de La Grand-Combe, assume le rôle de porte-parole et raconte leur périple périlleux.
Un périple éprouvant depuis l'Afghanistan
La famille a quitté Kaboul en avion, traversé la Russie et la Biélorussie, puis fait appel à des passeurs pour franchir les frontières. Avec leurs cinq enfants, les parents ont marché pendant quatre nuits entre la Biélorussie et la Lettonie, subissant des refoulements par la police et un séjour dans un camp fermé décrit comme une prison. Après plusieurs mois de navigation entre la Lettonie et l'Allemagne, ils sont finalement arrivés à Alès en janvier 2025, où ils ont déposé une demande d'asile politique.
Une intégration rapide et réussie à l'école
Les enfants se sont rapidement intégrés dans leurs établissements scolaires respectifs. Aladia, 17 ans, et Ursa, 15 ans, sont au collège Jean-Moulin d'Alès, Raheel, 10 ans, est à l'école élémentaire de Tamaris, et Mohammad, 5 ans, est en maternelle. Les enseignants soulignent leurs progrès rapides. Céline Grand, enseignante de français à Tamaris, note que Raheel a rattrapé son retard en un peu plus d'un an. Les parents, très investis, accompagnent même les sorties scolaires, comme le soulignent les enseignants Imen Kamel et Matthias Latapie.
La mobilisation de la communauté éducative
Face à la menace d'expulsion qui s'est précisée le mois dernier, les enseignants se sont mobilisés pour sensibiliser le public et les autorités. Une pétition a déjà rassemblé plus de 2000 signatures, et un élève de 3e, Louis, a écrit à l'Élysée pour demander un examen approfondi de la situation. Les enfants poursuivent leurs efforts scolaires malgré le stress, avec Mohammad suivant des ateliers de langage et Hadia préparant le Diplôme d'études en langue française et le brevet.
Un combat contre un retour en Lettonie
Les enseignants demandent aux autorités de reconsidérer le dossier, craignant un retour possible en Lettonie, où la demande d'asile pourrait être traitée, avec le risque ultime d'un renvoi en Afghanistan. Maeva Latapie, enseignante à Jean-Moulin, explique : "La notification d'obligation de quitter le territoire français peut arriver n'importe quand, c'est horrible." Ils ont déposé un dossier à la préfecture pour montrer l'attachement de la communauté éducative à cette famille et éviter une issue tragique.



