Bruno Retailleau officiellement investi par Les Républicains pour la présidentielle
Comme prévu, Bruno Retailleau a été désigné ce dimanche 19 avril candidat à l'élection présidentielle par les adhérents des Républicains. Le président du parti a obtenu une large majorité de 73,8% des suffrages, évitant ainsi l'organisation d'une primaire semi-ouverte (14%) ou fermée (12,2%). Cette intronisation, anticipée de longue date au sein du mouvement, offre à Retailleau une légitimité démocratique pour sa campagne tout en disqualifiant les ambitions concurrentes d'autres figures de la droite.
Une victoire interne qui masque des défis externes
Malgré ce succès formel, Bruno Retailleau doit désormais reconquérir l'oreille des Français, six mois après son départ du ministère de l'Intérieur. L'annonce de sa candidature en février a surpris ses concurrents mais n'a pas provoqué d'enthousiasme dans l'opinion publique. Les critiques internes, comme Laurent Wauquiez qui qualifie ce vote de "jeu de dupes", minimisent déjà la portée de cette désignation.
Les sondages actuels placent Retailleau entre 6 et 8% des intentions de vote, loin derrière Édouard Philippe qui oscille entre 16 et 18%. "Qui croit que par magie et sans être au gouvernement, il va passer à 16 ? Cela n'existe pas dans la vie politique", note en privé Laurent Wauquiez. La tâche s'annonce ardue pour l'ancien ministre qui doit recréer de l'enthousiasme après avoir causé de la déception.
Des divisions internes qui parasitent la campagne
Le candidat LR fait face à l'hostilité ou aux réserves de nombreux ténors de sa famille politique. Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse, qui plaident pour un rassemblement de la droite et du centre, ne soutiennent pas automatiquement sa candidature. Ces élus monopolisent un temps de parole médiatique considérable, au détriment des soutiens actifs de Bruno Retailleau.
"Qui embête Philippe à Horizons ? Personne", glisse un lieutenant du candidat. "Mais dans l'entourage de Bruno, peu de gens ont un accès facile aux médias." Seul l'eurodéputé François-Xavier Bellamy fait exception. Ce bruit de fond interne oblige souvent Retailleau à commenter ces bisbilles plutôt que de développer son projet politique.
Un pari sur le programme pour rattraper le retard
Bruno Retailleau mise sur son projet et sa "radicalité raisonnable" pour combler l'écart avec Édouard Philippe, accusé de frilosité. Son équipe de campagne s'inspire du modèle de François Fillon lors de la primaire de 2016, saluée pour son travail programmatique. "Il faut installer l'idée que Retailleau est celui qui à droite a le plus bossé et a le meilleur projet", expliquait un proche en janvier.
Pour réussir, le candidat devra démontrer la force de sa candidature au-delà des cercles partisans. C'est à cette condition unique que les remous internes aux Républicains ne viendront pas entraver sa course vers l'Élysée. La désignation n'est qu'une première étape dans un parcours semé d'embûches pour celui qui aspire à incarner l'alternative de droite.



