Bruno Retailleau désigné candidat LR pour 2027 avec 73,8% des voix
Retailleau candidat LR 2027 avec 73,8% des voix

Bruno Retailleau confirmé comme candidat LR pour 2027 avec un score écrasant

Bruno Retailleau semble décidément abonné aux scores autour de 74%. Ce dimanche soir, au terme du vote électronique des 76 653 adhérents inscrits, le président des Républicains a été nettement désigné comme candidat du parti pour la prochaine élection présidentielle avec 73,8% des suffrages exprimés. « Je leur promets désormais d'aller jusqu'au bout pour faire gagner nos idées », a-t-il immédiatement réagi sur le réseau social X.

Un score identique à son élection à la tête du parti

Le Vendéen retrouve ainsi exactement son score du 18 mai 2025, lorsqu'il avait été élu à la présidence de LR par 74% des adhérents. Cette performance constitue une heureuse surprise pour ses partisans, qui laissaient entendre ces dernières heures qu'ils ne s'attendaient pas à un résultat aussi écrasant. Cependant, la participation, en demi-teinte, a plafonné à 60%, ce qui signifie que Retailleau a été désigné par 33 948 adhérents sur les 76 653 inscrits.

Dans un communiqué diffusé vers 18h30 pour officialiser les résultats, le parti a adressé une mise en garde transparente aux récalcitrants qui rechigneraient en interne à soutenir le nouveau champion démocratiquement désigné : « L'ensemble des cadres et des militants des Républicains sont désormais pleinement engagés pour faire gagner le projet porté par Bruno Retailleau ».

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Un vote interne pour mettre au pas un parti divisé

Ce scrutin interne, voulu par Retailleau lui-même, visait notamment à mettre au pas un parti agité de vents contraires. Ses adversaires pourront toutefois objecter qu'avec 40% d'abstention, le président des Républicains n'a été désigné que par moins de la moitié des adhérents inscrits.

« Les LR vont finir par imploser. Pendant que Retailleau se fait désigner, ses rivaux continuent à faire ce qu'ils veulent… » soupire un pilier de l'ancien « socle commun » qui réunissait la droite et le centre. En effet, Xavier Bertrand a déjà fait savoir qu'il se présenterait à la présidentielle hors du cadre de LR si ses sondages sont porteurs, tandis que Michel Barnier n'a pas clarifié ses intentions.

Une embellie dans les sondages incertaine

Ce vote permettra-t-il à Retailleau de connaître une embellie dans les sondages ? Son entourage reste prudent et l'intéressé n'a fait aucune déclaration suite à sa désignation, comme s'il était pleinement conscient que le plus dur commence maintenant. « C'est une clarification, mais on n'en attend pas de dynamique. Ce n'est pas ce qui va nous faire prendre 5 points », confiait un dirigeant du parti ces derniers jours.

La primaire officiellement écartée

Lors du vote de ce week-end, les militants ont donc écarté les deux autres options proposées : une primaire fermée réservée aux seuls adhérents LR (12,2% des voix) ou une primaire ouverte à tous les sympathisants de la droite et du centre (14% des voix). Ces deux options étaient de toute façon réservées à des candidats estampillés LR uniquement.

On voyait mal comment ces scénarios pouvaient se concrétiser, dans la mesure où aucun candidat ne s'est manifesté en interne face à Retailleau, candidat déclaré à la présidentielle depuis le 12 février. « Si les militants choisissent la primaire, ça nous fera juste perdre du temps. On ne va pas faire une primaire avec des nobodys ! » soupirait ces derniers jours un fidèle de l'ancien ministre de l'Intérieur.

Les abstentionnistes et les voix discordantes

À noter que 1 511 adhérents ont voté blanc, dont Laurent Wauquiez, qui l'avait annoncé publiquement. L'ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, bien avant l'annonce des résultats, s'était fendu sur X d'un message peu amène : « Beaucoup trop de candidats de droite, on fonce tout droit dans le mur ».

Laurent Wauquiez persiste en effet à réclamer une grande primaire allant d'Édouard Philippe à Sarah Knafo. Il a d'ailleurs rencontré cette dernière il y a une dizaine de jours dans un bar huppé près de l'Assemblée nationale.

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La grande primaire : un projet de plus en plus improbable

Mais qui croit encore en la possibilité d'une grande primaire ? Un participant au « comité de liaison » chargé de trouver un terrain d'entente entre les postulants du « socle commun », qui a tenu cette semaine son premier déjeuner de travail, s'avoue dubitatif. « Personne n'en veut, Édouard Philippe le premier. Donc il n'y en aura pas ». Place donc à la primaire sauvage… c'est-à-dire par les sondages.

L'avertissement de Valérie Pécresse

Ancienne candidate du parti en 2022, Valérie Pécresse s'est donc fendue sur X d'un message d'avertissement à son successeur : « Maintenant tout reste à construire. D'abord bâtir un puissant projet de rupture pour redresser la France et rendre l'espoir aux Français. Ensuite rassembler la droite et le centre pour desserrer l'étau des extrêmes », met en garde la présidente de la région Île-de-France.

Rappelons qu'après avoir été investie candidate de LR par plus de 69 000 militants lors de la primaire interne de décembre 2021, Valérie Pécresse avait récolté 4,78% des votes au premier tour de la présidentielle, un score qui continue de hanter les dirigeants du parti.