Canicule : le gouvernement prêt à réautoriser la location des passoires thermiques F et G
Réautorisation des passoires thermiques F et G en pleine canicule

Le gouvernement propose de réautoriser la location des logements classés F et G au diagnostic de performance énergétique (DPE), en pleine canicule. Cette mesure fait partie d'un projet de loi présenté ce mercredi 24 juin 2026 en conseil des ministres, visant à « relancer le logement », un secteur en crise qualifiée « d'urgence nationale » par le ministère de la Ville et du Logement.

Selon une étude de l'Ademe, 35 % des ménages ont souffert du froid et près d'un ménage sur deux a souffert de la chaleur en 2025, notamment à cause d'une mauvaise isolation. Le Premier ministre Sébastien Lecornu vise la construction de 2 millions de logements supplémentaires d'ici à 2030.

Un recul écologique justifié par la crise du logement

L'exécutif souhaite maintenir ou remettre sur le marché locatif 650 000 à 700 000 logements d'ici à 2028. Les propriétaires devront s'engager à réaliser des travaux de rénovation thermique dans un délai de trois à cinq ans, financés par les loyers perçus. « C'est un pacte gagnant-gagnant entre propriétaires et locataires », loue-t-on au ministère du Logement, qui promet des compensations et des sanctions si les travaux ne sont pas effectifs. Une dérogation est prévue si les travaux sont techniquement ou juridiquement impossibles.

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Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun s'est vanté auprès de l'Agence France-Presse : « Parce que la crise du logement est devenue une véritable bombe sociale, nous avons fait le choix avec le gouvernement d'agir vite et fort, sans attendre la prochaine élection présidentielle. »

Des critiques virulentes de l'opposition

La députée insoumise Anaïs Belouassa Cherifi a taclé sur X : « Le gouvernement préfère la vitalité du compte en banque des propriétaires à la santé des locataires », rappelant que « la crise du logement est aussi une crise sanitaire ». Le 26 mai à l'Assemblée nationale, le député écologiste Sébastien Peytavie a dénoncé « la remise sur le marché de taudis ». Mathilde Panot, patronne des députés LFI, a fustigé « l'aberration absolue » de l'annonce, soulignant que les passoires thermiques de l'hiver sont souvent les bouilloires thermiques de l'été.

Au Sénat, le sénateur socialiste Rémi Cardon s'est fâché : « Vous annoncez des interdictions, puis vous reculez », y voyant un « jour sans fin » de recul écologique et social. « Douze millions de Français en situation de précarité énergétique continuent de subir l'inaction publique », a-t-il ajouté. Patrick Kanner, patron des sénateurs socialistes, a grondé : « C'est prendre en otage une population pauvre qui va se retrouver avec des 30, 40, 50 degrés la nuit, c'est insupportable. »

Un soutien au-delà des macronistes

Malgré les critiques, le texte bénéficie de soutiens. Le maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire s'est dit favorable pour « se donner un peu d'oxygène ». Marine Tondelier, patronne des écologistes, demande une baisse de 30 % des loyers si ces logements sont remis sur le marché. Le gouvernement se dit ouvert au débat sur les garanties de réalisation des travaux. Une adoption du texte est espérée d'ici la fin de l'année.

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