Rapport audiovisuel public : contre-offensive de Balanant
Rapport audiovisuel public : contre-offensive de Balanant

À peine adopté, le rapport sur l'audiovisuel public suscite déjà la contestation. Le député MoDem Erwan Balanant annonce vouloir en démonter méthodiquement les propositions, jugées nocives pour l'équilibre démocratique.

Une contre-offensive organisée

À peine le rapport adopté, la contre-offensive s'organise. Le député du Finistère Erwan Balanant a annoncé son intention de « faire un contre-rapport », visant à déconstruire point par point les propositions formulées dans le document piloté par Charles Alloncle. Une information relayée par nos confrères de BFM, alors que ce texte, déjà largement commenté avant même sa publication officielle, propose au travers de 80 propositions une refonte profonde de l'audiovisuel public : suppressions de chaînes, fusion de France 2 et France 5 en une entité unique, disparition de certaines antennes radio.

« On va expertiser (les 80 propositions) une par une et démontrer que la plupart d'entre elles sont délétères pour le service public et la démocratie. Nous allons faire quelque chose qui est de l'ordre d'un contre-rapport », a prévenu l'élu centriste.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un projet jugé « simpliste »

Pour Erwan Balanant, le diagnostic posé par Charles Alloncle pèche par excès de simplification. Il dénonce une vision binaire : « D'un côté l'audiovisuel public repris en main par les pouvoirs publics avec beaucoup moins de moyens et de l'autre une sorte de dérégulation des médias où chacun pourrait ce qu'il veut comme il veut sans aucun contrôle ni régulation. »

Dans cet affrontement feutré, mais déterminé, se dessine une bataille idéologique plus large sur le rôle et l'indépendance des médias publics.

Vote serré et abstention stratégique

Adopté après plusieurs heures de débats nourris, le rapport n'a convaincu qu'à une courte majorité : douze voix pour, dix contre. Dans ce climat électrique, Erwan Balanant, à l'instar de plusieurs élus de la majorité, a choisi l'abstention.

Un positionnement qu'il justifie sans détour : « éviter de ne plus avoir de rapport du tout » et ne pas « déclencher une machine à fantasmes ». Refusant également de « faire de Charles Alloncle une victime », il insiste sur le caractère non contraignant du texte : « Ce n'est pas une loi. »

Un texte déjà contesté avant publication

Malgré quelques ajustements, jugés marginaux, le député estime que le rapport reste profondément marqué par la vision de son auteur : « Pour moi, c'est uniquement le rapport de Charles Alloncle. » Face aux critiques, ce dernier défend un travail issu de compromis, tout en dénonçant les « nombreuses fausses informations qui ont circulé ». Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), assume pour sa part la publication du document, estimant qu'elle permettra aux citoyens de se forger leur propre opinion.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale