Edouard Philippe propose de modifier la Charte de l'environnement pour y inclure l'agriculture
En pleine campagne pour l'élection présidentielle de 2027, Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, a annoncé son souhait de réviser la Charte de l'environnement. Lors d'un déplacement dans une exploitation avicole dans l'Ain, le mercredi 3 juin 2026, il a déclaré vouloir compléter ce texte constitutionnel afin d'y intégrer la préservation de l'agriculture comme un objectif légitime à prendre en compte. Cette proposition intervient alors que les syndicats agricoles réclament une simplification des normes environnementales.
Une initiative électoraliste
Cette annonce est perçue par de nombreux observateurs comme une manœuvre électoraliste visant à séduire un électorat rural traditionnellement ancré à droite, mais de plus en plus attiré par l'extrême droite. En effet, Edouard Philippe était attendu au congrès des Jeunes Agriculteurs (JA) dans la soirée, où il devait présenter ses propositions pour le monde agricole.
La Charte de l'environnement, intégrée à la Constitution française en 2005 sous l'impulsion de Jacques Chirac, définit des droits et devoirs en matière environnementale, notamment les principes de prévention, de précaution et de pollueur-payeur. En y ajoutant l'agriculture, Philippe chercherait à équilibrer les impératifs écologiques avec les besoins du secteur agricole.
Un débat sur la place de l'agriculture dans la Constitution
Cette proposition relance le débat sur la place de l'agriculture dans la Constitution. Certains estiment que l'agriculture doit être protégée face à des normes environnementales jugées trop contraignantes, tandis que d'autres craignent un recul des avancées écologiques. Edouard Philippe, en proposant cette révision, tente de répondre aux préoccupations des agriculteurs tout en restant dans le cadre de la transition écologique.
La manœuvre est clairement électoraliste, selon plusieurs analystes politiques. Elle vise à capter les voix des agriculteurs mécontents des réglementations environnementales, tout en rassurant les défenseurs de l'environnement sur le maintien des principes fondamentaux de la Charte. Reste à savoir si cette proposition sera suffisante pour convaincre un électorat en pleine recomposition.



