Elon Musk qualifie la loi budgétaire de Trump d'« abomination répugnante »
Musk s'en prend violemment à la loi budgétaire de Trump

Alors qu'il a récemment quitté le gouvernement de Trump, Elon Musk s'en est violemment pris à la nouvelle loi de Donald Trump ce mercredi 4 juin 2025. Une « grande et belle loi » comme la décrit le Président américain, une « abomination répugnante » pour le multimilliardaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 3 juin, Elon Musk a violemment critiqué la loi budgétaire voulue par Trump, la qualifiant « d'abomination répugnante » sur son réseau X.
  • Le texte, déjà voté à la Chambre fin mai, est contesté au Sénat, y compris par des républicains inquiets du déficit et des coupes sociales.
  • Malgré les tensions, Trump maintient son soutien à la loi, pilier de son programme, malgré une fronde croissante et les critiques sur un transfert vers les plus riches.

Une « abomination répugnante » : Elon Musk, ancien conseiller de Donald Trump, s'est lâché ce mardi 3 juin contre le mégaprojet de loi budgétaire ardemment voulu par le président américain, qui est en cours d'examen au Sénat. Cette « grande et belle loi », telle que la surnomme Donald Trump, est une clé de voûte du programme présidentiel. Elle comprend notamment l'extension des crédits d'impôt monumentaux du premier mandat du milliardaire républicain, qui arrivent à expiration à la fin de l'année.

« Honte à ceux qui l'ont voté »

Mais pour Elon Musk, qui a terminé comme prévu la semaine dernière sa mission au sein du gouvernement Trump où il était chargé d'effectuer des coupes drastiques dans le budget de l'État, « ce projet de loi budgétaire énorme, scandaleux et clientéliste est une abomination répugnante ». « Honte à ceux qui l'ont voté : vous savez que vous avez eu tort », a ajouté l'homme le plus riche du monde dans un message sur son réseau X, s'adressant aux membres de la Chambre des représentants.

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La chambre basse du Congrès a en effet adopté le texte fin mai, sous la pression de Donald Trump, qui veut maintenant qu'il passe rapidement l'écueil du Sénat, où les républicains sont majoritaires de peu. Trump veut la loi sur son bureau « dès que possible » pour promulgation. Il a averti les sénateurs qu'il voulait voir cette loi sur son bureau « dès que possible » pour promulgation. Mais des élus de son propre camp républicain ont fait part de leur intention d'apporter d'importantes modifications.

Les républicains modérés rechignent en effet à réduire drastiquement les dépenses, tandis que les partisans de la rigueur budgétaire dénoncent le projet comme une bombe à retardement pour les finances de l'État, alors que la dette américaine frôle les 37 000 milliards de dollars. Ces républicains frondeurs sont peu nombreux, moins d'une dizaine, mais suffisamment « pour arrêter le processus jusqu'à ce que le président prenne au sérieux la réduction des dépenses et du déficit », a récemment déclaré l'un d'eux, le sénateur Ron Johnson.

L'opposition critique une loi faite pour les plus riches

L'opposition démocrate, quant à elle, ne cesse de critiquer des réductions d'impôts pour les plus riches au détriment d'une classe ouvrière déjà accablée par l'inflation. Selon différents analystes indépendants, prolonger les énormes crédits d'impôt du premier mandat Trump pourrait accroître le déficit de l'État fédéral de 2 000 milliards à 4 000 milliards de dollars sur la prochaine décennie. Les coupes budgétaires prévues dans le texte pourraient, elles, affecter des millions d'Américains les plus défavorisés, comme des bénéficiaires du programme d'assurance-maladie Medicaid, destinés aux plus pauvres. Plusieurs sondages montrent qu'une large majorité d'Américains s'oppose à ces restrictions de Medicaid.

Le Bureau du budget du Congrès estime, lui, que les réductions d'impôts combinées aux grosses coupes budgétaires aboutiraient à un énorme transfert de richesse des 10 % les plus pauvres vers les 10 % les plus riches du pays. Sur le plan politique, les débats sur cette loi budgétaire XXL devraient avoir une grande influence sur les élections de mi-mandat de 2026, un scrutin toujours périlleux pour la majorité au pouvoir.

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Cela « ne change rien à la position » de Trump

Après la violente charge de l'ancien conseiller de Trump contre l'un des projets les plus chers au président américain, la Maison Blanche a temporisé. Cela « ne change rien à la position » du président qui « savait déjà ce que pensait Elon Musk », a indiqué à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt. « C'est une grande et belle loi et Donald Trump s'y tient », a-t-elle ajouté, répétant la position de l'administration qui assure qu'elle stimulera la croissance économique.

La sortie fracassante d'Elon Musk, qui avait déjà critiqué ce texte budgétaire mais beaucoup plus prudemment, a souligné les tensions entre le multimilliardaire et l'administration qu'il a quittée. Un jour après avoir chaleureusement remercié Musk pour son action auprès de l'administration, comme pour couper court aux rumeurs sur un froid entre eux, Donald Trump avait retiré samedi son soutien au candidat qui devait prendre la tête de la Nasa, un proche d'Elon Musk. Le natif d'Afrique du Sud, dont les relations avec les ministres de Trump ont été difficiles, avait assuré la semaine dernière vouloir rester « l'ami et le conseiller » du président.