LFI face au lynchage d'un militant d'extrême droite à Lyon et à la défense de la Jeune Garde
LFI, lynchage à Lyon et défense de la Jeune Garde

Un communiqué de LFI qui tombe à pic

Le communiqué a été diffusé le mercredi 11 février, soit la veille du lynchage mortel d'un jeune militant nationaliste, Quentin D., à Lyon. Cet événement tragique s'est produit en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan. Dans ce texte, La France insoumise s'indigne du report de l'audience au Conseil d'État qui devait statuer sur le recours contre la dissolution de la Jeune Garde, mouvement d'ultragauche dissous par le Conseil des ministres le 12 juin 2025.

« Nous le disons fièrement : la Jeune Garde est essentielle justement parce qu'elle a pour mission depuis sa création de lutter contre l'extrême droite, contre des groupes fascistes et néonazis de plus en plus violents partout en France », proclame le communiqué. Le texte accuse le « gouvernement macroniste » de « criminaliser les voix antifascistes, comme le fait partout ailleurs l'internationale de l'extrême droite au pouvoir ». Pour LFI, la ligne est claire : fascistes, macronistes et centristes mènent le même combat.

L'enquête pointe vers l'ultragauche

À ce stade de l'enquête sur la mort de Quentin D., rien ne permet d'incriminer directement le mouvement de la Jeune Garde. Cependant, il ne fait guère de doute que le commando cagoulé qui a mortellement sévi appartient à la mouvance d'ultragauche. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez l'a confirmé ce dimanche sur France 2 : « L'enquête permettra de déterminer si c'étaient des militants de la Jeune Garde, mais les témoignages vont dans ce sens », a-t-il ajouté.

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Lyon, ville où a été créée la Jeune Garde sous la houlette de Raphaël Arnault, aujourd'hui député LFI du Vaucluse, est depuis des années le théâtre d'affrontements souvent violents entre militants extrémistes des deux bords. Jusqu'au déchaînement fatal de ce jeudi soir.

La défense en trois actes de LFI

Les regards, ce week-end, se sont donc tournés vers LFI, qui a élaboré une défense en trois actes pour faire face à cette situation délicate.

Premier acte : la condamnation de la violence

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a publié dès vendredi un communiqué pour condamner « sans ambiguïté toute violence physique ». Raphaël Arnault a lui-même pris les devants en écrivant sur les réseaux sociaux, samedi : « J'apprends ce décès avec horreur et dégoût. Ce que je redoute depuis des années à Lyon se perpétue. J'adresse mes condoléances à la famille de ce jeune homme. »

Deuxième acte : la prise de distance

Manuel Bompard, le coordinateur de LFI, a affirmé ce dimanche sur LCI à propos de la Jeune Garde : « Ce mouvement a été dissous. Je vois difficilement comment il aurait pu intervenir dans cette affaire. » Comme si dissolution valait disparition ! Cette prise de distance, ainsi que la condamnation de la violence, alors que la Jeune Garde a été dissoute en raison même de ses « agissements violents », est pour le moins soudaine.

Jean-Luc Mélenchon portait, il n'y a pas si longtemps, un regard attendri sur les troupes de la Jeune Garde, qu'il appelait affectueusement « mes jeunes camarades ». Lors d'un meeting à Auxerre, le 30 avril 2025, il s'enflammait en ces termes : « Bravo, jeunes gens, continuez, jeunes gens ! »

Troisième acte : l'accaparement victimaire

Le troisième acte est intervenu hier, lors d'un meeting de Jean-Luc Mélenchon à Montpellier : « C'est nous qui sommes agressés, réunion après réunion, par les collectifs d'extrême droite. » Après le meurtre de Quentin D., des locaux LFI ont été vandalisés. C'est tout à fait répréhensible et les coupables de ces exactions doivent être condamnés. Toutefois, cet accaparement victimaire est tout sauf convenable en ces circonstances où un jeune homme est mort lynché.

La situation place LFI dans une position inconfortable, entre soutien à un mouvement dissous pour violence et condamnation d'un acte violent qui semble lié à cette même mouvance. L'enquête judiciaire devra apporter des éclaircissements sur les responsabilités exactes dans ce drame lyonnais.

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