François Hollande rêve-t-il d'une revanche présidentielle impossible en 2027 ?
Hollande et son rêve de revanche présidentielle pour 2027

Le retour improbable de François Hollande sur la scène présidentielle

François Hollande pourrait-il réaliser l'impossible en 2027 ? Aucun ancien chef de l'État français n'est jamais parvenu à se faire réélire après un échec. Valéry Giscard d'Estaing et Nicolas Sarkozy ont pourtant tenté leur chance avec détermination, mais ont échoué. Ces derniers avaient au moins pu se présenter à l'issue de leur mandat, contrairement au socialiste qui avait dû renoncer en 2017, constatant son niveau d'impopularité trop élevé. Depuis cette décision, il ne cesse de le regretter.

Dix ans de patience et de résilience

Voilà bientôt dix ans que l'ancien président ne pense qu'à une chose : prendre sa revanche sur ce qu'il considère comme un sort injuste. Condamné à la patience, il a enduré avec douleur les deux élections de son successeur, Emmanuel Macron, ce « Brutus » dont il n'avait pas anticipé la trahison. Le Corrézien a fait preuve d'une résilience remarquable, encaissant les revers tout en se jurant de remonter progressivement la pente. Son objectif : passer du statut de proscrit à celui de sauveur potentiel.

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s'habitueront. » François Hollande a suivi les conseils du poète René Char. Effectivement, les Français se sont progressivement habitués à revoir sa figure bonhomme sur la scène publique. Il multiplie les publications littéraires accompagnées de tournées de signatures, participe à des colloques, reçoit dans son bureau de la rue de Rivoli, et retrouve une place dans les sondages d'opinion. Il ne lâche rien ni personne.

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Le coup de poker post-dissolution

Puis est venu le coup de poker de la post-dissolution : François Hollande se fait réélire député ! Cette victoire le replace officiellement au cœur du jeu politique. Depuis cet événement, il est devenu incontournable, quels que soient les soubresauts du Parti socialiste et les déchirements au sein de la gauche. Il plaide activement pour un arrangement avec le gouvernement sur le budget et une rupture claire avec La France Insoumise (LFI).

Cahin-caha, les troupes socialistes semblent suivre sa ligne. Ses rapports avec Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS, sont détestables, mais ce dernier n'est plus sa préoccupation principale. Désormais, son objectif est de démontrer qu'il est le seul capable de tenir la route jusqu'à l'élection présidentielle de 2027. « Je me prépare », a-t-il confié, tout en affirmant qu'il était encore trop tôt pour une candidature formelle. Pour que cette dernière ait une chance de prospérer, il faut d'abord lever l'hypothèque de tous les autres prétendants.

La stratégie de la décantation

L'idée baroque d'une « petite primaire » regroupant les nostalgiques de l'union avec LFI a déjà du plomb dans l'aile. Il s'agit désormais de départager les tenants d'une ligne sociale-démocrate. François Hollande fait le pari de la décantation plutôt que celui de la confrontation frontale. Il laisse s'avancer des figures comme Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et autres impétrants de la gauche réformiste, en pariant qu'aucun ne tiendra la distance.

Son calcul : à la fin du processus, les regards se tourneront naturellement vers le plus expérimenté. « Je suis le seul, rappelle-t-il, à déjà avoir été président. » Ce qui pourrait être perçu comme un handicap pourrait ainsi se transformer en atout décisif. La stratégie repose sur l'idée que son expérience unique lui confère une légitimité inégalée.

Diviser pour mieux régner

Il ne suffit pas de se présenter, encore faut-il gagner. C'est à cette étape que les difficultés seront les plus grandes pour François Hollande. Mais là encore, il compte sur les divisions des autres pour lui ouvrir la voie. Si la droite commet l'erreur de se présenter en ordre dispersé, il pourrait avoir une chance réelle de se qualifier pour le second tour.

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Face au candidat du Rassemblement National (RN), les électeurs modérés se retrouveraient alors devant un choix cornélien. François Hollande devra alors jouer son dernier coup en tendant la main au centre droit. Nous n'en sommes pas encore là, mais ce scénario, autrefois inimaginable, est devenu une possibilité tangible. C'est déjà en soi un exploit politique.

Les obstacles restent considérables

Les obstacles sur son chemin demeurent nombreux. Il n'existe aucune envie massive de François Hollande dans le pays, et la gauche dans son ensemble reste fortement minoritaire dans les intentions de vote. S'il devait gagner, le Corrézien le devrait davantage aux faiblesses de ses adversaires qu'à ses propres attraits personnels.

Mais aucun candidat modéré ne bénéficie actuellement d'une cote d'amour exceptionnelle. Cette situation pourrait modifier les règles du jeu habituelles. L'adage politique dit qu'au premier tour, on choisit, et au second, on élimine. Cette fois-ci, il est imaginable qu'avec deux épouvantails, on élimine deux fois : Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour, puis le RN au second tour. Ainsi, le candidat central pourrait finalement l'emporter. Reste à savoir si François Hollande sera effectivement ce candidat central tant convoité.