Présidentielle 2027 : à gauche, la primaire s'éloigne encore
Gauche : la primaire pour 2027 s'éloigne toujours plus

À moins d'un an du premier tour de l'élection présidentielle de 2027, l'organisation d'une primaire à gauche paraît plus hypothétique que jamais. Les discussions, pourtant relancées ces dernières semaines, butent sur les mêmes obstacles : les ambitions personnelles et les divergences stratégiques entre les principales forces politiques.

Des positions irréconciliables

Du côté du Parti socialiste, on continue de défendre l'idée d'une candidature unique issue d'un processus démocratique. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a réitéré son appel à une primaire ouverte, estimant que c'est la seule façon de rassembler la gauche et d'éviter une dispersion des voix au premier tour. Cependant, cette proposition se heurte au refus catégorique de La France insoumise.

Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, a clairement indiqué que son mouvement ne participerait à aucune primaire. Pour lui, le projet insoumis est déjà largement connu et soutenu, et une primaire ne ferait que brouiller le message. Cette position est partagée par une partie des écologistes, qui estiment que le temps des primaires est révolu et qu'il faut désormais se concentrer sur la construction d'un rapport de forces.

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Les écologistes divisés

Europe Écologie-Les Verts est particulièrement divisé sur la question. Certains, comme la secrétaire nationale Marine Tondelier, voient dans la primaire un outil indispensable pour départager les candidatures potentielles. D'autres, proches de Yannick Jadot, pensent qu'il faut privilégier une candidature unique dès le départ, sans passer par une compétition interne qui pourrait laisser des traces.

Le Parti communiste, de son côté, reste favorable à une candidature de rassemblement, mais sans se prononcer clairement sur la forme qu'elle pourrait prendre. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a appelé à des discussions approfondies entre les forces de gauche, tout en refusant de se soumettre à un calendrier imposé par les socialistes.

Un calendrier serré

Le temps presse. Si une primaire devait avoir lieu, elle devrait être organisée avant la fin de l'année 2026 pour laisser le temps au vainqueur de faire campagne. Or, les divergences actuelles rendent peu probable un accord d'ici là. De plus, les sondages montrent que l'opinion publique de gauche est partagée : une majorité y est favorable, mais une minorité significative y voit une perte de temps et d'énergie.

Certains observateurs estiment que la gauche pourrait reproduire le scénario de 2022, où plusieurs candidats se sont présentés, affaiblissant le camp progressiste. Pour éviter cela, des voix s'élèvent pour proposer une candidature unique dès le départ, comme celle de François Ruffin ou de Clémentine Autain, qui pourraient incarner un rassemblement sans passer par une primaire.

L'ombre de 2022

La défaite de la gauche à la présidentielle de 2022, où aucun candidat n'a atteint le second tour, reste dans toutes les mémoires. La primaire de la gauche écologiste et sociale, qui avait désigné Anne Hidalgo, n'avait pas permis de créer une dynamique suffisante. Aujourd'hui, les acteurs politiques tirent des leçons différentes de cet échec.

Pour les uns, la primaire a montré ses limites, avec un faible taux de participation et des divisions accrues. Pour les autres, elle reste le seul moyen légitime de départager les candidatures et de donner une légitimité au vainqueur. Le débat est donc loin d'être tranché.

Quelles solutions alternatives ?

Face à l'impasse, certaines propositions émergent. L'idée d'une candidature unique issue d'un accord entre les partis est avancée, mais elle se heurte aux ego et aux ambitions. Une autre piste serait une primaire citoyenne, ouverte à tous les électeurs de gauche, mais son organisation logistique est complexe et coûteuse.

Enfin, certains appellent à un référendum interne aux partis pour trancher la question. Mais pour l'instant, aucune de ces options ne fait consensus. La gauche semble condamnée à naviguer à vue, avec le risque d'une nouvelle défaite en 2027.

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En attendant, les candidatures se multiplient officieusement. Outre Jean-Luc Mélenchon, qui brigue un quatrième mandat, des figures comme Olivier Faure, Marine Tondelier ou François Ruffin sont régulièrement citées. La primaire, si elle a lieu, pourrait être l'occasion de les départager. Mais pour l'instant, l'horizon reste bouché.