Pour son premier mois à la mairie de Nice, Éric Ciotti entend marquer son territoire. L'ancien député des Alpes-Maritimes, élu maire en mars dernier, multiplie les initiatives visant à se présenter comme un homme intègre, loin des affaires qui ont entaché la fin du mandat de son prédécesseur Christian Estrosi. « Il se la joue monsieur Propre », résume un observateur local.
Un style radicalement différent
Dès son installation, Ciotti a annoncé une série de mesures pour restaurer la confiance des Niçois. Il a notamment mis fin à plusieurs contrats jugés douteux, gelé des projets immobiliers controversés et promis une transparence totale sur les dépenses municipales. « Je veux une gestion exemplaire », a-t-il déclaré lors de son premier conseil municipal.
Cette stratégie de rupture est d'autant plus nette que Christian Estrosi, maire sortant, avait été fragilisé par des révélations sur des dépenses somptuaires et des liens avec des promoteurs. Ciotti, lui, soigne son image : il a refusé la voiture de fonction, réduit le nombre de ses collaborateurs et promet de baisser les indemnités des élus.
Des symboles forts
Le nouveau maire a également multiplié les gestes symboliques. Il a fait retirer les portraits officiels de son prédécesseur dans les bureaux municipaux, préférant des œuvres d'artistes locaux. Il a aussi organisé une « journée de la probité » avec des ateliers sur la lutte contre la corruption. « On n'avait jamais vu ça », s'étonne un agent municipal.
Mais cette opération séduction ne fait pas l'unanimité. Certains y voient une opération de communication bien rodée, alors que Ciotti est lui-même mis en examen dans une affaire de financement politique. « Il veut faire oublier ses propres casseroles », estime un élu d'opposition. Pour l'instant, les Niçois semblent apprécier le changement, mais les défis restent nombreux : sécurité, propreté, logement. Ciotti devra transformer l'essai.
En attendant, la guerre des ego se poursuit dans l'ombre. Christian Estrosi, qui avait soutenu Ciotti, se dit « trahi » par cette volonté d'effacement. « Il n'y a pas de place pour deux maires à Nice », a-t-il glissé. Un feuilleton politique qui promet de tenir la ville en haleine.



